Le Livre d’Enoch
Chapitre Premier
1.
Voici les paroles d’Enoch par
lesquelles il bénit les élus et les justes qui vivront au temps de
l’affliction, quand seront réprouvés tous les méchants et les impies. Enoch, homme juste qui marchait devant le Seigneur, quand
ses yeux furent ouverts, et qu’il eut comtemplé une
sainte vision dans les cieux, parla, et il prononça : Voici ce que me
montrèrent les anges.
- Ces anges
me révélèrent toutes choses et me donnèrent l’intelligence de ce que
j’avais vu, qui ne devait point avoir lieu dans cette génération, mais
dans une génération éloignée, pour le bien des élus.
- C’est par
eux que je pus parler et converser avec
celui qui doit quitter un jour sa céleste demeure, le saint et le Tout-Puissant, le Seigneur de ce monde.
- Qui doit
fouler un jour le sommet du mont Sinaï, apparaître dans son tabernacle, et
se manifester dans toute la force de sa céleste puissance.
- Tous les
vigilants seront effrayés, tous seront consternés.
- Tous
seront saisis de crainte et d’effroi, même aux extrémités de la terre. Les
hautes montagnes seront ébranlées ; les collines élevées seront
déprimées ; elles s’écouleront devant sa face comme la cire devant la
flamme. La terre sera submergée, et tout ce qui l’habite périra ; or tous
les êtres seront jugés, tous, même les justes.
- Mais les
justes obtiendront la paix ; il conservera les élus, et exercera sur eux
sa clémence.
- Alors ils
deviendront la propriété de Dieu ; il les comblera de bonheur et de
bénédictions ; et la splendeur de la Divinité les illuminera.
Chapitre 2
1.
Voici ! il arrive avec dix mille de ses saints, pour juger
toutes les créatures pour détruire la race des méchants, et réprouver toute
chair à cause des crimes que le pécheur et l’impie ont commis contre lui.
Chapitre 3
1.
Tous ceux qui habitent dans les cieux savent ce qui se passe
là-bas.
- Ils savent
que les globes célestes qui nous illuminent ne changent point leur voie ;
que chacun d’eux se lève et se couche régulièrement ,
dans le temps qui lui est propre, sans jamais transgresser les ordres
qu’il a reçus. Ils regardent la terre, et soudain ils connaissent tout ce
qui s’y passe depuis le commencement jusqu’à la fin.
- Ils
voient que chacune des créations de Dieu suit invariablement la voie qui
lui est tracée. Ils voient l’été et l’hiver ; ils voient que toute la
terre est remplie d’eau, et que les nuages, les vapeurs et la pluie en
rafraîchissent la température.
Chapitre 4
1.
Ils considèrent et admirent comme chaque arbre se couronne de
feuilles ; comment il les perd ensuite, à l’exception de quatorze arbres
privilégiés qui reste toujours verts, et qui pendant plusieurs hivers
présentent l’apparence du printemps.
Chapitre 5
1.
Ils admirent ensuite dans les jours de l’été comment le soleil
échauffe la terre, dès le commencement de sa carrière, tandis que vous cherchez
la fraîcheur du feuillage ; tandis que le sol est crevassé par la chaleur
torride, et que vous êtes incapable de vous promener soit dans la plaine, soit
sur la montagne.
Chapitre 6
1.
Ils admirent ensuite comment les arbres en se couvrant de
feuilles poussent en même temps des fruits ; mais aussi ils comprennent en même
temps et reconnaissent que celui qui vit éternellement fait pour nous toutes
choses.
- Que
toutes les oeuvres de chaque année, que toutes ses créations suivent
invariablement les ordres qu’il leur a donnés ; toutefois, quand Dieu a
résolu ainsi, toutes choses doivent s’évanouir.
- Ils
voient comment les mers et les fleuves accomplissent chacun leur mission
respective.
- Tandis
que vous, vous ne supportez qu’avec peine, vous ne remplissez
qu’imparfaitement les commandements de votre Seigneur ; vous transgressez
ses ordres, vous calomniez sa grandeur ; et votre bouche impie va
prononcer des blasphèmes contre sa majesté !
- Pécheurs
au coeur endurci, il n’y aura point de paix pour vous !
- Vos jours
seront maudits, et les années de votre vie seront effacées du livre des
vivants ; vous serez en exécration à toutes les créatures, et vous
n’obtiendrez point de miséricorde.
- Dans ce
jour, votre paix sera troublée par l’éternelle malédiction de tous les justes
; et les pécheurs mêmes exécreront à tout jamais.
- Oui, ils
vous exécreront aussi bien que les impies.
- Mais pour
les élus, à eux la lumière, la joie, la paix ; à eux l’héritage terrestre.
- Pour
vous, impies, pour vous malédiction.
- Alors les
élus recevront la sagesse, et il n’y aura plus ni transgression, ni
impiété, ni orgueil ; mais ils se conduiront avec prudence, s’humilieront
eux-mêmes, et ne violeront plus les saints commandements.
- Aussi ne
seront-ils pas condamnés tout le temps de leur vie, et leur mort sera sans
trouble et sans douleur ; la somme de leurs jours sera complète ; ils
vieilliront dans la joie et la paix ; et leurs années de bonheur se
multiplieront avec la joie, avec la paix, sans nuage, sans trouble, tout
le temps de leur existence.
Chapitre 7
1.
Quand les enfants des hommes se furent multipliés dans ces
jours, il arriva que des filles leur naquirent élégantes et belles.
- Et
lorsque les anges, les enfants des cieux, les eurent vues, ils en
devinrent amoureux ; et ils se dirent les uns aux autres :
choisissons-nous des femmes de la race des hommes, et ayons des enfants
avec elles.
- Alors Samyaza, leur chef, leur dit : je crains bien que vous
ne puissiez accomplir votre dessein.
- Et que je
supporte seul la peine de votre crime.
- Mais ils
lui répondirent : nous vous le jurons.
- Et nous
nous lions tous par de mutuelles exécrations ; nous ne changeront rien à
notre dessein, nous exécuterons ce que nous avons résolu.
- En effet
ils jurèrent et se lièrent entre eux par de mutuelles exécrations. Ils
étaient au nombre de deux cents, qui descendirent sur Aradis,
lieux situé près du mont Armon.
- Cette
montagne avait été appelée Armon, parce que c’est là qu’ils avaient juré
et s’étaient liés par des mutuelles exécrations.
- Voici le
nom de leurs chefs : Samyaza, leur chef, Urakabarameel, Akibeel, Tamiel, Ramuel, Danel, Azkeel, Sarakmyal, Asael, Armers, Batraal, Anane, Zavebe, Samsaveel, Ertael, Turel, Yomyael, Arazeal. Tel furent les chefs de ces deux cents anges
; et le reste étaient tous avec eux.
- Et ils se
choisirent chacun une femme, et ils s’en approchèrent, et ils cohabitèrent
avec elles ; et ils leur enseignèrent la sorcellerie, les enchantements,
et les propriétés des racines et des arbres.
- Et ces
femmes conçurent et elles enfantèrent des géants
- Dont la
taille avait trois cents coudées. Ils dévoraient tout ce que le travail
des hommes pouvait produire, et il devint impossible de les nourrir.
- Alors ils
se tournèrent contre les hommes eux-mêmes, afin de les dévorer.
- Et ils
commencèrent à se jeter sur les oiseaux, les bêtes, les reptiles, les
poissons, pour se rassasier de leur chair et se désaltérer de leur sang.
- Et alors
la terre réprouva les méchants.
Chapitre 8
1.
Azazyel enseigna
encore aux hommes à faire des épées, des couteaux, des boucliers, des cuirasses
et des miroirs ; il leur apprit la fabrication des bracelets et des ornements,
l’usage de la peinture, l’art de se peindre les sourcils, d’employer les
pierres précieuses, et toute espèce de teintures, de sorte que le monde fut
corrompu.
- L’impiété
s’accrut ; la fornication se multiplia, les créatures transgressèrent et
corrompirent toutes leurs voies.
- Amazarak enseigna
tous les sortilèges, tous les enchantements et les propriétés de racines.
- Armers enseigna
l’art de résoudre les sortilèges.
- Barkayal enseigna
l’art d’observer les étoiles.
- Akibeel enseigna
les signes.
- Tamiel enseigna
l’astronomie.
- Et Asaradel enseigna les mouvements de la lune.
- Et les
hommes sur le point de périr élevèrent leurs voix, et leurs voix montèrent
jusqu’au ciel.
Chapitre 9
1.
Alors Michael et Gabriel, Raphaël, Suryal
et Uriel, abaissèrent des cieux leurs regards sur la
terre, et virent les flots de sang qui la rougissaient, et les iniquités qui
s’y commettaient ; et ils se dirent les uns aux autres : C’est le bruit de
leurs cris.
- La terre
privée de ses enfants a élevé sa voix jusqu’aux portes du ciel.
- Et c’est
à vous, ô essences célestes, c’est à vous que les âmes adressent leurs
plaintes en disant : Obtenez-nous justice du Très-Haut. Alors ils dirent à
leur Seigneur et maître : Tu es le Seigneur des seigneurs, le Dieu des
dieux, le Roi des rois. Le trône de ta gloire s’élève de toute éternité,
et de toute éternité ton nom est sanctifié et glorifié. Tu es béni, et
glorifié à jamais.
- Tu es le
créateur, le maître souverain de toutes choses ; rien n’est caché à ton
regard perçant. Tu domines sur tout, et rien ne peut se soustraire à ton
autorité.
- Tu as vu
ce que Azazyel a fait ; comment il a enseigné
aux hommes toute espèce d’iniquités, et comment il a révélé au monde tout
ce qui se passe dans les cieux.
- Samyaza aussi a
enseigné aux hommes la sorcellerie, lui que tu avais placé au-dessus de
tous ses compagnons. Ils se sont alliés aux filles des hommes ; ils ont
péché avec elles, et se sont souillés.
- Ils leur
ont découvert les crimes les plus abominables.
- Et les
femmes ont enfanté les géants.
- Et toute
la terre a été remplie de sang et d’iniquité.
- Et voici
maintenant que les âmes de ceux qui sont morts, élèvent la voix vers toi.
- Et font
monter leurs plaintes jusqu’aux portes du ciel.
- Leurs
gémissements montent vers toi ; les hommes ne peuvent se soustraire à
l’iniquité qui couvre la face de la terre. Or tu connais toutes choses,
avant même qu’elles existent.
- Tu
connais toutes choses ; tu sais tout ce qui se passe, et cependant tu ne
nous dis rien.
- Pour tant
de crimes, que devons-nous faire aux méchants ?
Chapitre 10
1.
Alors le Très-Haut, le grand et le saint fit
entendre sa voix.
- Et il
envoya Arsayalalyur, au fils de Lamech,
- Disant :
parle-lui en mon nom ; mais cache-toi à ses yeux.
- Puis
dévoile-lui le grand cataclysme qui doit faire périr tous les hommes ; car
les eaux du déluge se répandront sur la face de la terre, et toute
créature sera détruite.
- Mais
enseigne-lui les moyens d’échapper ; dis-lui comment sa race se perpétuera
sur toute la terre.
- Puis le
Seigneur dit à Raphaël : Prends Azazyel, lie-lui
les pieds et les mains ; jette-le dans les ténèbres ; et abandonne-le dans
le désert de Dudael.
- Fais
pleuvoir sur lui des pierres lourdes et pointues ; enveloppe-le de
ténèbres.
- Qu’il y
reste à jamais, que sa face soit couverte d’un voile épais ; et qu’il ne
voie jamais la lumirère.
- Et quand
se lèvera le jour du jugement, plonge-le dans le feu.
- Cependant
purifie la terre, que les anges ont souillée ; annonce-lui la vie ;
annonce-lui que je la revivifierai.
- Les fils
des hommes ne périront pas tous à cause des secrets que les vigilants leur
ont révélés et qu’ils ont enseignés à leurs descendants.
- Mais la
terre a été souillée par les enseignements impurs d’Azaziel.
Aussi est-ce lui qui doit être responsable de tous les crimes.
- Le
Seigneur dit ensuite à Gabriel : Va vers les méchants, vers les réprouvés,
vers les enfants de fornication ; extermine ces enfants de fornication,
ces rejetons des vigilants, du milieu des hommes ; pousse-les, excite-les
les uns contre les autres. Qu’ils périssent de leurs propres mains ; car
leurs jours ne seront pas complets.
- Ils te
supplieront, mais leurs prières n’obtiendront rien pour eux ; et c’est en
vain qu’ils espèreront pour leurs enfants la vie éternelle, et même une
vie de cinq cents années.
- Le
Seigneur dit ensuite à Michael : Va et annonce le châtiment qui attend Samyaza et tous ceux qui ont participé à ces crimes,
qui se sont unis à des femmes, qui se sont souillés par toutes sortes
d’impureté. Et quand leurs fils seront exterminés, quand ils auront vu la
ruine de ce qu’ils ont de plus cher au monde, enchaîne-les sous la terre,
pour soixante-dix générations, jusqu’au jour de jugement, et de la
consommation universelle ; et l’effet de ce jugement sera pour eux
éternel.
- Alors ils
seront jetés dans les profondeurs d’un feu qui les tourmentera sans cesse
; et ils y resteront toute l’éternité.
- Avec eux
leur chef brûlera dans les flammes ; et tous ils y seront enchaînés
jusqu’à la consommation d’un grand nombre de générations.
- Extermine
en même temps toutes les âmes adonnées à de coupables jeux ; extermine les
rejetons des vigilants ; assez et trop longtemps ils ont tyrannisé le
genre humain.
- Que les
oppresseurs soient enlevés de la face de la terre.
- Que le
mal soit anéanti !
- Mais que
la plante de la justice et de l’équité refleurisse, et devienne un gage de
bénédiction.
- Car la
justice et l’équité doivent refleurir avec la joie pour des temps sans
fin.
- Et alors
tous les saints adresseront au ciel leurs actions de grâces, et vivront
jusqu’à ce qu’ils aient engendré mille enfants, tandis que les jours de
leur jeunesse et leurs sabbats s’écouleront dans la joie et la paix. A
cette époque toute la terre sera cultivée dans la justice ; elle se
remplira d’arbres et de bénédictions ; des arbres délicieux y seront
plantés.
- La vigne
y croîtra en abondance, et produira du fruit à satiété ; toutes les
semences qui seront confiées à la terre, rapporteront mille mesures pour
une ; et une mesure d’olive, fournira à dix pressées d’huile.
- Délivre
la terre de toute tyrannie, de toute injustice, de tout crime, de toute
impiété, de tout ce qui peut souiller. Que le mal en soit banni à jamais.
- Alors,
les enfants des hommes vivront dans la justice, et toutes les nations me
rendront les honneurs qui me sont dûs ; toutes
me béniront, toutes m’adoreront.
- La terre
sera délivrée de toute corruption, de tout crime, de tout châtiment, de
toute souffrance ; et elle n’aura plus à craindre de moi un déluge
exterminateur.
- Dans ces
jours, j’ouvrirai les trésors de la bénédiction que recèle le ciel, je les
répandrai sur la terre, et ils féconderont les oeuvres et le travail des
hommes.
- La paix
et la justice feront alliance avec les hommes, et ces unions sacrées
dureront autant que le monde et que les générations.
Chapitre 12
1.
Avant l’accomplissement de toutes ces choses, Enoch fut enlevé de la terre ; et personne ne sut où il
avait été enlevé, ni ce qu’il était devenu.
- Tous ses
jours, il les passa avec les saints, et avec les vigilants.
- Moi, Enoch, je bénissais le grand Seigneur, le roi de la
paix.
- Et voici
: les vigilants me nommèrent Enoch le scribe.
- Et le
Seigneur me dit : Enoch, scribe de justice, va
dire aux vigilants du ciel, qui ont abandonné les hauteurs sublimes des
cieux et leurs éternelles demeures, qui se sont souillés avec les femmes,
- Et ont
pratiqué les oeuvres des hommes, en prenant des femmes à leur exemple, qui
se sont enfin corrompus sur la terre.
- Dis-leur
que sur la terre, ils n’obtiendront jamais ni paix, ni rémission de leurs
péchés. Jamais ils ne se réjouiront dans leurs rejetons ; ils verront
leurs biens-aimés exterminés ; ils pleureront
leurs fils exterminés ; ils me prieront pour eux, mais jamais ils
n’obtiendront paix ou miséricorde.
Chapitre 13
1.
Enoch partit donc,
et il dit à Azaziel : Il n’y a plus de paix pour toi,
une grande sentence a été prononcée contre toi. Il t’enchaînera ;
- Il n’y
aura jamais pour toi ni soulagement ni miséricorde, ni intercession, à
cause de l’oppression que tu as enseignée.
- Et parce
que tu as appris aux hommes à outrager Dieu, à pécher et à tyranniser
leurs semblables.
- Et je le
quittai, et j’allai annoncer la même nouvelle à tous les compagnons de ses
crimes ;
- Et ils
furent terrifiés et saisis d’un affreux tremblement ;
- Et ils me
supplièrent d’écrire pour eux une humble supplique pour obtenir le pardon
de leurs fautes ; ils me prièrent de la faire parvenir au trône du Dieu du
ciel, car ils n’osaient ni s’adresser à lui, ni même lever les yeux au
ciel, à cause du grand crime pour lequel ils avaient été jugés.
- Alors,
j’écrivis une humble supplique à leur sujet, afin de leur faire obtenir
repos et miséricorde pour tout ce qu’ils avaient fait.
- Puis je
les quittai, et continuai ma route, tout en lisant leur requête, vers les
eaux du Danendan, qui se trouvent à l’ouest d’Armon, et je m’endormis.
- Et voici
que j’eus un songe, et une céleste vision. Je tombai en extase, et je vis
dans une vision, la punition dont je devais annoncer la triste nouvelle
aux enfants des cieux, et les réprimander. Quand je m’éveillai, je me
rendis auprès d’eux. Ils étaient réunis, pleurant et la face voilée dans Ubelseiael, lieu situé entre le Liban et Seneser.
- Je leur
fis part de mes visions et de mes songes.
- Et je
leur adressai ces paroles de la justice, et les réprimandes que méritaient
les enfants des cieux.
Chapitre 14
1.
Ceci est le livre des paroles de la justice, et des paroles
adressées aux vigilants, qui sont de ce monde, selon l’ordre que m’a donné dans
la vision le Saint et le Grand. Je vis donc en songe que je parlais avec ma
langue de chair et avec le même souffle dont le Tout-Puissant
a animé la bouche des hommes, pour converser entre eux.
- Et je
compris avec le coeur. Et de même que le Seigneur a créé et donné aux
hommes le pouvoir de comprendre les mots qui s’adressent à l’intelligence,
de même aussi, il a créé pour nous, et il m’a donné le pouvoir de reprendre
les vigilants, les enfants du ciel. J’ai donc rédigé vos prières ; mais
j’ai vu dans une vision, que tant que le monde existera, jamais vous
n’obtiendriez ce que vous demandez.
- Le
jugement a été prononcé contre vous ; toutes vos prières sont inutiles.
- Ainsi,
désormais, vous ne monterez plus au ciel ; et sur terre, vous vous serez
enchaînés aussi longtemps qu’existera le monde lui-même.
- Mais
auparavant, vous serez témoins de la misère de tout ce qui vous est cher ;
vous ne les posséderez plus. Ils tomberont par le glaive sous vos propres
yeux.
- Et
n’adressez point de prières ni pour eux ni pour vous !
- Mais vous
pleurerez, et vous supplierez en silence. Telles sont les paroles du livre
que j’écrivis.
- Voici
maintenant la vision que j’eus :
- Voici :
je me voyais environné de nuages et de brouillards épais ; je contemplais
avec inquiétude le mouvement des astres et celui des éclairs, tandis que
des vents favorables soulevaient mes ailes, et accéléraient ma course.
- Je fus
enlevé ainsi jusqu’au ciel, et j’arrivai bientôt à un mur bâti avec des
pierres de cristal. Des flammes mobiles en enveloppaient les contours. Je
commençais à être saisi d’effroi.
- Cependant,
je m’enfonçai au milieu de ces flammes.
- Et je
pénétrai dans une vaste habitation dont le pavé était en pierres de
cristal. Les murs comme le pavé, étaient également en cristal, aussi bien
que les fondements. Son toit était formé d’étoiles errantes et d’éclairs
de lumière, et l’on voyait, au milieu, des chérubins de feu dans un ciel
orageux. Des flammes vibraient autour de ces murailles, et la porte était
de feu. Quand je fus entré dans cette habitation, elle était à la fois
brûlante comme le feu, et froide comme la glace ; et il n’y avait là trace
ni de bonheur, ni de vie. Alors, une terreur soudaine s’empara de moi ; je
tressaillis d’effroi.
- Tout
tremblant, je tombai la face contre terre, et j’eus une vision.
- Voici :
Il y avait une autre habitation plus spacieuse que la première, dont
toutes les portes étaient ouvertes devant moi, au milieu d’une flamme
vibrante.
- Telle
était sa gloire, sa magnificence, sa grandeur, qu’il m’est impossible de
vous dépeindre, ni la splendeur qui l’environne, ni sa vaste étendue.
- Le pavé
en était de feu ; au-dessus, brillaient des éclairs et des étoiles
errantes, et le comble était tout entier d’un feu étincelant.
- Je
l’examinai avec attention, et je vis qu’il y avait un trône élevé ;
- Dont
l’aspect ressemblait à la grêle, tandis que son contour était comme l’orbe
éclatant du soleil ; et il en sortait des voix de chérubins.
- De ce
trône puissant, s’échappaient des torrents de flammes,
- Qu’il
était impossible d’envisager.
- Et il
avait quelqu’un assis sur ce trône de gloire,
- Dont le
vêtement était plus brillant que le soleil et plus blanc que la neige.
- Et aucun
ange n’était capable de regarder en face le Glorieux et le Magnifique, ni
de s’approcher de lui ; aucun oeil mortel ne pouvait le contempler. Un feu
brillant brûlait autour de lui.
- Il
s’élevait aussi devant lui, un feu d’une grande étendue ; en sorte
qu’aucun de ceux qui l’entouraient ne pouvaient en approcher, et des
myriades de myriades étaient devant lui. Il
n’avait besoin ni de conseil, ni d’assistance, et les saints qui formaient
sa cour, ne le quittaient ni jour ni nuit. Je m’approchai autant que je
pus, voilant ma face. Et plein de frayeur. Alors, le Seigneur lui-même
daigna de sa propre bouche, m’appeler par mon nom : Approche, dit-il,
approche de plus près, et viens entendre ma sainte parole.
- Et il me
prit, et il me fit pencher jusqu’à la porte. Et moi, je tenais mes yeux
baissés vers la terre.
Chapitre 15
1.
Alors, s’adressant à moi, il me parla ainsi : Écoute, écoute
sans crainte, ô juste Enoch, ô scribe de justice,
approche, et écoute ma voix. Va, dis aux vigilants du ciel qui t’ont envoyé
pour me prier pour eux : Vous deviez prier pour les hommes, et non pas les
hommes pour vous !
- Pourquoi
avez-vous abandonné les saintes hauteurs du ciel, votre demeure éternelle,
pour aller vous souiller avec des femmes ? Pourquoi vous êtes-vous épris
des filles des hommes ; en avez-vous fait vos épouses ; avez-vous pratiqué
avec elles les oeuvres des enfants de la terre, et donné naissance à une
race impie ?
- Vous qui
étiez des esprits célestes, en possession de la sainteté, de la vie
éternelle, vous vous êtes souillés avec des femmes ; vous avez travaillé
aux oeuvres de la chair, vous avez engendré dans le sang, vous avez agi
comme ceux qui ne sont que de sang et de chair.
- Eux, ils
ont été créés pour mourir.
- Voilà
pourquoi je leur ai donné des femmes, afin qu’ils puissent cohabiter avec
elles, engendrer des enfants qui perpétuent leur race sur la terre.
- Mais
vous, vous avez été créé de purs esprits dès le commencement, vous possèdez une vie éternelle, vous n’êtes point sujets à
la mort.
- Aussi ne
vous avais-je point donné de femmes, parce que, esprits purs, vous deviez
habiter dans le ciel.
- Et
maintenant les géants, qui sont le prix du commerce de l’esprit et de la
chair, seront appelés sur la terre de mauvais esprits, et leur demeure
sera sur la terre. Ils procréeront à leur tour de mauvais esprits, parce
qu’ils tiennent au ciel par un côté de leur être, parce que c’est des
saints vigilants qu’ils tirent leur origine. Ils seront donc de mauvais
esprits sur la terre, et on les appellera esprits du mal. La demeure des
esprits célestes est le ciel ; mais c’est la terre qui doit être la
demeure des esprits terrestres qui sont nés sur la terre.
- Les
esprits des géants seront comme les nuages, qui apportent sur la terre les
fléaux de toute espèce, la peste, la guerre, la famine
- Et le
deuil. Il ne boiront ni ne mangeront, invisibles à tous les regards, ils
s’insurgeront encore entre les hommes et les femmes : parce qu’ils ont
reçu la vie dans les jours de destruction et de carnage.
Chapitre 16
1.
Lors de la mort des géants, quelque part qu’aillent leurs âmes
lorsqu’elles abandonneront leur corps, tâche que ce qui est chair en eux,
périsse avant le jugement. Qu’elle soit exterminée jusqu’au jour de la grande
consommation de l’univers ; alors que les vigilants et les impies seront
détruits pour toujours.
- Quant aux
vigilants, qui t’ont envoyé pour m’implorer pour eux,
- Dis-leur,
à ces intelligences célestes : Vous avez eu le ciel pour demeure ; mais
les secrets d’en haut ne vous ont pas été révélés ; cependant vous avez
connu un secret d’iniquité.
- Et vous
l’avez dévoilé aux femmes dans les mouvements de votre coeur, et par là
vous avez multiplié le mal sur la surface de la terre.
- Dis-leur
donc : Jamais vous n’obtiendrez grâce, ni jamais vous ne recevrez la paix
!
Chapitre 17
1.
Puis ils m’enlevèrent dans un endroit où il y avait comme un
feu dévorant ; et où, selon leur bon plaisir, ils prenaient la ressemblance de
l’homme.
- Ils me
conduisirent sur un lieu élevé, sur une montagne dont le sommet s’élançait
dans les cieux.
- Et je vis
les trésors des éclairs et du tonnerre aux extrémités de ce lieu, dans l’endroit
le plus profond. Il y avait là un arc de feu, et de flèches dans un
carquois, et une épée de feu et toute espèce d’éclairs.
- Puis ils
me transportèrent auprès d’une eau jaillissante, et du côté de l’occident,
vers les feux du soleil couchant. J’arrivai à une rivière de feu qui
coulait comme de l’eau et se jetait dans la grande mer occidentale.
- Je vis
tous les grands fleuves, et j’arrivai bientôt au milieu des noires
ténèbres ; dans ces lieux où toute chair émigre ; je vis les montagnes de
ténèbres qui produisent l’hiver, et l’endroit d’où l’eau s’écoule dans
leurs abîmes respectifs.
- Je vis
aussi l’embouchure de tous les fleuves du monde, et celle de l’abîme.
Chapitre 18
1.
Puis j’arrivai aux réservoirs de tous les vents, et je
remarquai comment ils servaient à l’ornement de la terre, et à la conservation
des fondements de la terre.
- Je vis la
pierre qui supporte les angles de la terre.
- Je vis
aussi les quatre vents qui soutiennent la terre et le firmament du ciel.
- Je vis
les vents qui soufflent dans les hauteurs du ciel ;
- Ceux qui
s’élèvent entre le ciel et la terre, et qui forment les colonnes du ciel.
- Je vis
les vents qui font tourner le ciel et entraînent dans leurs orbites le
soleil et les étoiles ; et, au-dessus de la terre, je vis le vent qui
supporte les nuages.
- Je vis la
voie des anges.
- Je vis,
de l’extrémité de la terre, le firmament du ciel qui pèse sur elle. Alors
je me tournai vers le midi.
- Là
brûlaient nuit et jour six montagnes de pierres précieuses, trois du côté
de l’orient, trois du côté du midi.
- Celles du
côté de l’orient se composaient de pierres de diverses couleurs ; de
perles et d’antimoine ; celles du côté du midi étaient de pierres rouges.
Leur sommet s’élevait jusqu’au ciel, comme le trône de Dieu ; il était
d’albâtre, et, dans sa partie supérieure, de saphir. Je vis aussi le feu
ardent qui brûlait sur les montagnes.
- Là aussi
je vis dans une région immense le lieu où les eaux étaient rassemblées.
- J’y vis
aussi les sources de la terre, cachées dans les colonnes embrasées des
cieux.
- Et dans
ces colonnes du ciel je vis des feux qui jaillissaient sans nombre, mais
ni en haut ni en bas. Au-dessus de ces sources, je vis un endroit qui
n’avait ni le firmament au-dessus, ni la terre au-dessous, il n’y avait
pas non plus d’eau ; et rien à droite ni à gauche ; c’était une plage
déserte.
- Et là
j’aperçus sept étoiles, brillantes comme des montagnes de feu, ou comme de
sublimes esprits.
- Alors l’ange
dit : cet endroit sera jusqu’à la consommation du ciel et de la terre la
prison des étoiles et des armées du ciel.
- Ces
étoiles qui roulent au-dessus du feu sont celles qui ont transgressé les
commandements de Dieu, avant la fin de leur épreuve. Aussi les a-t-il
enchaînées dans ce lieu, jusqu’à ce qu’elles aient expié leur crime dans
l’année mystérieuse.
Chapitre 19
1.
Alors Uriel s’écria : Voici les anges
qui ont cohabité avec les femmes, et se sont désignés des chefs ;
- Qui ont
souillé les hommes, multiplié parmi eux les erreurs, au point de leur
faire faire des sacrifices aux démons, comme à des dieux. Mais au grand
jour, ils seront jugés et ils périront, et leurs femmes avec eux, parce
qu’elles se sont laissé séduire sans résistance.
- Et moi, Enoch, moi seul, j’ai vu la fin de toutes chose, et il
n’a été donné à personne de la voir comme moi.
Chapitre 20
- Voici le
nom des anges qui veillent.
- Uriel, un des
saints anges, qui préside aux cris et à la terreur.
- Raphaël,
un des saints anges qui préside aux esprits des hommes.
- Raguel, un des
saints anges, qui punit le monde et les luminaires.
- Michael,
un des saints anges qui préside à la vertu des hommes, et commande aux
nations.
- Sarakiel, un des
saints anges qui préside aux enfants des hommes qui pêchent.
- Gabriel,
un des saints anges, qui préside sur Ikisat, sur
le paradis et sur les chérubins.
Chapitre 21
1.
Je fis ensuite un long circuit pour arriver à un lieu où rien
n’était au complet.
- Je ne vis
là ni l’oeuvre admirable du ciel élevé, ni la terre et ses merveilles ; ce
n’était qu’un désert solitaire et terrible.
- Là aussi
je vis sept étoiles enchaînées les unes aux autres, comme de grandes
montagnes, comme des feux embrasés. Et je m’écriai à cette vue : Pour quel
crime ces étoiles sont-elles enchaînées ; pourquoi ont-elles été reléguées
dans ce lieu ? Alors Uriel, un des saints anges
qui était avec moi et qui me servait de guide, me répondit : Enoch, pourquoi cette question ? pourquoi cette
inquiétude, cette anxiété ? Ces étoiles ont transgressé le commandement du
Dieu Très-Haut ; et pour expier leur crime, elles ont été enchaînées, dans
ce lieu pour un nombre infini de siècles.
- De là je
passai dans un autre lieu de terreur :
- Là je vis
l’oeuvre d’un feu immense, ardent et dévorant, au milieu duquel il y avait
une division. Et des colonnes de feu se combattaient entre elles et elles
s’enfonçaient dans l’abîme. Et il me fut impossible d’évaluer ni sa
grandeur, ni sa hauteur ; je ne pus pas non plus connaître son origine. Et
je m’écriai encore à cette vue : Quel lieu terrible ! qu’il est difficile
d’en sonder les mystères.
- Uriel, un des
anges qui étaient avec moi, me répondit et me dit : Enoch,
pourquoi ces alarmes, pourquoi cet étonnement à la vue de ce lieu
terrible, à la vue de ce lieu de souffrance ? C’est ici, ajouta-t-il, la
prison des anges ; et ils y seront renfermés à jamais !
Chapitre 22
1.
De là, je m’avançai vers un autre lieu, où, du côté de l’occident,
je vis une grande et haute montagne, un rocher escarpé, et quatre réceptacles
délicieux.
- À
l’intérieur, ce lieu était profond, spacieux, poli et égal, mais d’une
profonde obscurité.
- Alors
Raphaël, un des saints anges qui m’accompagnait, me dit : Voici les
bienheureuses régions où sont rassemblés les esprits, les âmes des morts ;
c’est là qui doivent se réunir toutes les âmes des enfants des hommes.
- C’est
dans ces lieux qu’elles resteront jusqu’au jour du jugement, jusqu’au
temps qui leur est marqué.
- Or, ce
temps sera long à venir, c’est le jour du grand jugement. Et je vis les
esprits des enfants des hommes qui étaient morts, et leurs cris
accusateurs s’élevaient jusqu’au ciel.
- Alors j’intérrogeai Raphaël, l’ange qui m’accompagnait, et je
lui dit : De qui est cette voix accusatrice qui monte vers le ciel ?
- Il me
répondit : C’est la voix de l’esprit d’Abel, qui a été tué par son frère
Caïn, et qui l’accusera jusqu’à ce que sa race soit exterminée de dessus
la face de la terre.
- Jusqu’à
ce que sa race soit effacée d’au milieu des hommes.
- Alors je
l’intérrogeai sur lui, sur le jugement
universel, et je lui dis : Pourquoi les uns sont-ils séparés des autres ?
Il me répondit : Il y a trois classes distinctes pour les esprits des
morts ; trois classes parmi les esprits des justes.
- Ces
classes sont distinguées par un gouffre, par l’eau et par la lumière qui
est sur l’eau.
- Les
pécheurs sont également classés ; après leur mort, ils sont déposés dans
la terre, si le jugement ne les a pas prévenus de leur vivant.
- C’est ici
que leurs âmes sont enfermées ; c’est ici qu’elles sont en proie à des
douleurs intolérables, châtiment de ceux qui sont maudits pour l’éternité,
et dont les âmes seront punies et enchaînées à tout jamais.
- Et voilà
ce qui existe depuis le commencement du monde. Les âmes de ceux qui se
plaignent sont séparées de celles qui veillent pour leur ruine, pour leur
extermination au jour des péchés.
- Tel est
le séjour destiné aux âmes des hommes injustes et pécheurs, aux âmes de
ceux qui ont commis l’iniquité et qui se sont mêlés à la société des
impies, auxquels ils ressemblent. Leurs âmes ne seront point anéanties au
jour du jugement ; mais enfermées dans ce lieu, elles n’en sortiront
jamais. Alors je louai Dieu.
- Et je dis
: Béni soit mon Seigneur, le Seigneur de gloire et de justice, le
dominateur suprême et éternel.
Chapitre 23
1.
De là j’arrivai dans un autre lieu, du côté de l’occident, aux
extrémités de la terre.
- Où je vis
un feu ardent et un mouvement perpétuel, qui roulait
nuit et jour, sans jamais s’arrêter.
- Et
j’interrogeai l’ange qui m’accompagnait, et je lui dis : Qu’est cela ?
Pourquoi ce mouvement incessant ?
- Alors Raguel, un des anges qui m’accompagnaient, me répondit
:
- Ce feu
ardent, qui se meut sans cesse vers l’occident, est le feu qui embrase
tous les luminaires du ciel.
Chapitre 24
1.
De là je parvins dans un autre lieu, et je vis une montagne de
feu brûlant nuit et jour. Dès que j’en fus rapproché, j’aperçus sept brillantes
montagnes, dont l’une était distincte de l’autre.
- Les
pierres dont elles étaient formées étaient belles et étincelantes ; elles
brillent et rayonnent à la vue, et leur surface est polie. Il y en avait
trois à l’orient, et d’autant plus inébranlables, qu’elles étaient l’une
sur l’autre ; et il y en avait trois au midi, également inébranlables. Il
y avait aussi de profondes vallées, mais qui étaient séparées les unes des
autres. Au milieu s’élevait la septième montagne. Et toutes ces montagnes
apparaissaient au loin comme des trônes majestueux, et elle
étaient couronnées d’arbres odoriférants.
- Parmi ces
arbres, il y en avait un d’une odeur sans cesse renaissante, et tellement
suave, qu’il n’y en avait pas un dans le jardin d’Eden qui exhalât un
parfum aussi délicieux. Ses feuilles, ses fleurs, son bois, ne se
flétrissaient jamais, et ses fruits étaient beaux.
- Ses
fruits ressemblaient aux fruits du palmier. A cette vue, je m’écriai :
Voilà un arbre admirable à voir ; quelles belles feuilles, quels fruits
délicieux ! Alors Michael, un des saints et glorieux anges qui
m’accompagnait, et qui était à leur tête, me répondit :
- Enoch,
pourquoi ces questions au sujet de l’odeur de cet arbre ?
- Pourquoi
es-tu avide de le connaître ?
- Alors
moi, Enoch, je lui répondis : Je voudrais tout
savoir, mais surtout ce qui regarde cet arbre.
- L’ange me
répondit : Cette montagne que tu vois, et dont la tête élevée égale en
hauteur le trône du Seigneur, sera le siège où se reposera le Seigneur de
sainteté et de gloire, le Roi éternel, quand il viendra et descendra pour
visiter la terre dans sa bonté.
- Quant à
cet arbre à la suave odeur, dont le parfum n’a rien de charnel, personne
n’y portera la main, jusqu’au jour de jugement. Quand les méchants auront
été livrés aux tourments éternels, cet arbre sera donné aux justes et aux
humbles. Ses fruits seront réservés aux élus. Car la vie sera plantée dans
le saint lieu, du côté du septentrion, vers la demeure du Roi éternel.
- Alors ils
se réjouiront et tressailleront d’allégresse,
dans le Saint des saints ; une odeur délicieuse pénétrera leurs os, et ils
couleront, comme tes ancêtres, une vie longue sur terre ; et cette vie ne
sera troublée ni par les malheurs, ni par les peines, ni par les misères.
- Et je
louai le Seigneur de gloire, le Roi éternel, de ce qu’il avait préparé cet
arbre et avait daigné le promettre aux saints.
Chapitre 25
1.
De là je me dirigeai vers le centre de la terre, et j’aperçus
un lieu fortuné et fertile, où des arbres poussaient sans cesse des rameaux
toujours verts. Là je vis encore une montagne sacrée, et au-dessous, sur le
flanc oriental, une eau qui coulait vers le midi. J’aperçus encore vers
l’orient une autre montagne, également élevée, placée au milieu de vallées
profondes, mais étroites.
- L’eau
s’écoulait vers la montagne, du côté de sa partie occidentale ; au-dessous
s’élevait une autre montagne.
- Et, au
pied de cette montagne, une vallée étroite, et, au milieu, d’autres
vallées profondes et desséchées vers l’extrémité de ces trois montagnes.
Or, toutes ces vallées, qui étaient profondes, mais étroites, se
composaient d’un immense rocher, sur lequel un arbre était planté. Et dans
mon étonnement j’admirai le rocher et les vallées.
Chapitre 26
1.
Alors je m’écriai : Que signifie cette terre bénie, ces arbres
élevés, et cette vallée maudite qui les sépare ?
- Et Uriel, un des saints anges qui étaient avec moi, me
répondit : Cette vallée est maudite d’une malédiction éternelle. C’est ici
que seront rassemblés tous ceux qui se servent de leurs langues pour
blasphémer Dieu, qui ouvrent la bouche pour
maudire sa gloire. C’est ici qu’ils seront rassemblés, c’est ici que sera
leur demeure.
- Dans le
jour suprême du jugement, il sera fait d’eux un grand exemple de justice
aux yeux de tous les saints ; car ceux-ci obtiendront grâce devant Dieu,
et le béniront tous les jours de leur vie, comme leur Seigneur et leur
Roi.
- Et ils
célébreront dans ce jour redoutable du jugement, à cause de la clémence
qu’il aura fait éclater sur eux. Alors je me tournai naturellement vers
Dieu, et je louai son nom, sa grandeur et sa gloire.
Chapitre 27
1.
De là je me dirigeai du côté de l’orient, vers une montagne qui
s’élève au milieu du désert, et dont je ne pus apercevoir que la superficie.
- Elle
était couverte d’arbres issus de la semence dont on a parlé, et une eau en
descendait.
- De là une
cataracte, composée en apparance de plusieurs
autres, s’échappait à l’occident et à l’orient. D’un côté s’élevaient des
arbres, de l’autre on voyait de l’eau et de la rosée.
Chapitre 28
1.
Alors je m’avançai vers un autre endroit du désert, vers
l’orient de la montagne, de laquelle je m’étais approché.
- Là
j’aperçus des arbres de choix, ceux-là surtout qui produisent les aromates
aux suaves odeurs, l’encens, la myrrhe, tous arbres distincts les uns des
autres.
- Et il y
avait encore en ce lieu, dominant tous ces arbres, une élévation vers
l’orient, qui n’était pas éloignée.
Chapitre 29
1.
Je vis encore un autre endroit, avec des vallées où
s’écoulaient des eaux qui ne tarissaient jamais.
- Je vis un
arbre magnifique qui, pour l’odeur, égalait le lentisque.
- Et sur
les flancs de cette vallée j’aperçus le cinnamome au délicieux parfum. Et
je m’avançai vers l’orient.
Chapitre 30
1.
Alors j’aperçus une autre montagne, remplie d’arbres, d’où
s’échappait une eau semblable au neketra. Son nom
était Sarira et Calbanen.
Et sur cette montagne j’en vis une autre sur laquelle s’élevaient les arbres
d’aloès.
- Ces
arbres étaient chargés comme des amandiers et gros, et le fruit qu’ils
produisaient surpassait tout parfum.
Chapitre 31
1.
Après cela, je me tournai du côté du nord et je me mis à en
considérer les entrées par-dessus les montagnes et j’aperçus sept montagnes
couvertes de spic fin, d’arbres odoriférants, de cannelliers et de papyrus.
- Puis je
laissai derrière moi les sommets de ces montagnes et m’avançant vers
l’orient, je passai la mer Erythrée. Et quand je
l’eus dépassée, je tournai mes pas vers l’ange Zatael,
et je parvins au jardin de Justice. Là je vis entre autres, plusieurs
arbres élevés, couverts de fleurs.
- Leurs
parfums étaient délicieux, leurs formes variées et élégantes. Il y avait
là aussi l’arbre de la science, dont les fruits illuminent l’intelligence
de celui qui s’en nourrit.
- Il était
semblable au tamarin, et ses fruits, d’une beauté remarquable, à des
grappes de raisins ; son parfum embaumait les lieux d’alentour. Et je
m’écriai : Quel bel arbre ! quel spectacle délicieux !
- Alors
l’ange Raphaël, qui était avec moi, me répondit : Ceci est l’arbre de la
science, dont ont mangé ton vieux père et ta vieille mère ; ses fruits les
ont illuminés ; leurs yeux ont été ouverts, et après s’être aperçus qu’ils
étaient nus, ils ont été chassés du Paradis terrestre.
Chapitre 32
1.
Ensuite, je m’avançai vers les confins de la terre ; là, je vis
de grandes bêtes, d’apparances diverses, des oiseaux
différents de formes et d’aspect, et doués de voix différentes.
- A
l’orient du lieu où se trouvaient ces bêtes, j’aperçus les limites de la
terre, et l’endroit où le ciel finissait. Les portes du ciel étaient
ouvertes et j’en vis sortir les étoiles. Alors je les comptais à mesure
qu’elles sortaient, et j’en notais exactement le nombre. Je pris note
également de leurs noms, de leurs courses périodiques, de leurs
vicissitudes, à mesure que l’ange Uriel, qui
était avec moi, me les expliquait.
- Car il me
les montra toutes, et de toutes il me donna connaissance.
- Il me fit
connaître encore leurs noms, leurs rangs et leurs diverses influences.
Chapitre 33
- Puis je
me dirigeai vers le septentrion, aux limites de la terre.
- Et là,
vers les confins du monde, je vis un prodige grand et magnifique.
- Je vis
les portes du ciel ouvertes, il y en avait trois distinctes entre elles.
Par elles s’échappaient les vents du nord, père du froid, de la grêle, de
la glace, de la rosée et de la pluie.
- D’une de
ces portes, les vents soufflaient légèrement ; mais par les deux autres
ils soufflaient avec violence, et leur souffle se répandait sur la terre.
Chapitre 34
- De là, je
me dirigeai du côté de l’occident, vers les confins de la terre.
- Et je vis
trois portes, comme du côté du septentrion. Or ces portes étaient de la
même grandeur.
Chapitre 35
1.
Ensuite je me dirigeai du côté du sud, vers les confins de la
terre. Il y avait là également trois portes, par où s’échappaient la rosée, la
pluie et le vent.
- Puis je me dirigeai vers l’orient, aux confins de la
terre, où je vis trois portes du ciel tournées du côté de l’orient, et
dont l’ouverture était plus petite. Par ces petites portes sortaient les étoiles
du ciel, qui suivaient leur invariable vers l’occident ; et cette route
brillante était visible en tout temps.
- Quand je les aperçus, j’élevai ma voix et je louai le
Seigneur qui avait formé ces corps lumineux et resplendissants, afin de révéler aux
intelligences angéliques et humaines, la magnificence de ses oeuvres ;
afin qu’ils célébrassent les uns et les autres, les merveilles de sa puissance,
qu’ils glorifiassent les labeurs divins de ses mains, et afin qu’ils le
louassent à tout jamais.
Chapitre 37
1.
Voici une autre vision, la seconde vision de sagesse, la vision
qu’eut Enoch, fils de Jared,
fils de Malaléel, fils de Caïnan,
fils d’Enos, fils de Seth, fils d’Adam. C’est là le
commencement de cette sagesse, que j’ai reçue pour expliquer et faire aimer à
ceux qui habitent sur la terre. Ecoutez donc, et
comprenez les choses saintes que je viens vous révéler, en présence du Seigneur
des esprits. Ceux qui existèrent avant nous ont regardé le ministère de la
parole comme un de leurs devoirs.
- Et nous,
qui venons après eux, nous ne mettons aucun empêchement à la prédication
de la sagesse ; mais jamais jusqu’à ce jour, il n’a été donné à personne
ce qui m’a été donné à moi, la sagesse selon mon entendement, et dans la
mesure du bon plaisir de Dieu. Ce que j’ai reçu de lui est vraiment une
portion de la vie éternelle.
- Cette
sagesse était formulée dans trois paraboles, que je me suis fait un devoir
d’annoncer aux habitants de ce monde.
Chapitre 38
1.
Première parabole. Quand l’assemblée des justes sera manifestée
à la terre, que les pécheurs seront punis, et recevront aux yeux de tous le châtiment mérité par leurs crimes ;
- Quand la
justice se manifestera devant les justes eux-mêmes ; que leurs oeuvres
seront pesées par le Seigneur des esprits et leur mériteront de recevoir
la récompense promise ; quand la lumière des justes et des élus qui
habitent sur la terre, brillera d’un éclat immortel, à ce moment, que
deviendra la demeure du pécheur ? Où sera le lieu de repos de celui qui
aura rejeté le Seigneur ? Oh ! qu’il vaudrait mieux pour lui, qu’il n’eût
jamais existé !
- Quand
seront révélées les secrètes pensées des justes, les pécheurs subiront un
jugement sévère, et les impies seront tourmentés en leur présence.
- Dès ce
moment, les maîtres de la terre cesseront d’être puissants et élevés. Il
leur deviendra impossible de contempler les saints en face ; car la
lumière des justes et des élus ne peut être contemplée que du Seigneur des
esprits.
- Cependant
les puissants de ce monde ne seront point anéantis, ils seront livrés aux
mains des justes et des saints.
- Désormais
plus de miséricorde pour eux de la part du Seigneur, car avec le temps de
la vie, le temps de la clémence aura passé.
Chapitre 39
1.
Dans ces jours-là la race sainte et bénie descendra des
hauteurs des cieux, et sa génération habitera avec les fils des hommes. Enoch a reçu les livres de l’indignation et de la colère,
les livres du trouble et de l’agitation.
- Jamais
ils n’obtiendront miséricorde, dit le Seigneur des esprits.
- Alors la
nuée m’enleva, et le vent me souleva sur la surface de la terre, et me
transporta aux frontières des cieux.
- Là j’eus
une autre vision. Je vis la demeure et le séjour tranquille des saints.
Oui, mes yeux eurent le bonheur de contempler leurs demeures avec celles
des anges ; le séjour de leur repos avec celui des saints. Là il y avait
des demandes, des prières, des supplications pour les enfants des hommes.
La justice coule devant eux comme une onde pure, et la clémence se répand
sur la terre comme une précieuse rosée. Et telle est leur existence pour
l’éternité.
- En ce
temps-là donc mes yeux contemplèrent la demeure des élus, le séjour de la
vérité, de la foi et de la justice.
- Le nombre
des saints et des élus de Dieu sera infini dans
tous les siècles.
- J’ai vu
leur demeure placée sous les ailes du Seigneur des esprits. Tous les
saints, tous les élus chantaient devant lui, brillant comme le feu ; leurs
bouches étaient pleines des louanges de Dieu, et leurs lèvres s’ouvraient
pour célébrer le nom du Seigneur des esprits. La justice se tenait debout
devant lui.
- Là je
désirai rester, là mon âme soupira après cette demeure. Là était la
portion de mon héritage, depuis le commencement ; car telle était sur moi
la volonté du Seigneur des esprits.
- En ce
temps-là je célébrai et j’exaltai le nom du Seigneur des esprits, par des
bénédictions et des louanges. Car tel est le bon plaisir du Seigneur des
esprits.
- Longtemps
mes yeux contemplèrent ces demeures fortunées, et je louai Dieu, en disant
: Béni soit-il, béni soit-il à jamais ! depuis le commencement, avant la
création du monde, jusqu’à la fin des siècles.
- Quel est
ce monde ? Oui, de toutes les générations ils doivent te bénir, tous ceux
qui ne dorment point dans la poussière, mais qui contemplent ta gloire,
qui te célèbrent, te magnifient et te bénissent, en disant: Saint, saint,
saint est le Seigneur des esprits, qui remplit de son immensité le monde
entier des intelligences.
- Là, mes
yeux contemplèrent tous ceux qui ne sont point endormis devant lui, qui se
tiennent debout devant lui, qui glorifient en disant : Béni sois-tu, béni
soit le nom de Dieu à tout jamais ! Et ma face fut tout
à coup changée, en sorte que je ne pouvais plus voir.
Chapitre 40
1.
Après cela j’aperçus des milliers de milliers, des myriades de
myriades, et un nombre infini d’hommes, qui se tenaient debout devant le
Seigneur des esprits.
- Sous les
quatre ailes du Seigneur des esprits, à ses quatre côtés, j’en vis encore
d’autres, outre les premiers, qui se tenaient devant lui. J’appris en même
temps leurs noms, parce que les anges qui étaient avec moi me les
expliquaient, m’en révélant tous les mystères.
- Alors
j’entendis la voix de ceux qui étaient aux quatre côtés ; ils célébraient
le Seigneur de toute gloire.
- La
première voix célébrait le Seigneur des esprits dans tous les siècles.
- La
seconde voix que j’entendis célébrait l’élu et les élus qui sont
tourmentés pour le Seigneur des esprits.
- La
troisième voix que j’entendis suppliait et priait pour ceux qui sont sur
la terre, et qui invoquent le Seigneur des esprits.
- La
quatrième voix que j’entendis repoussait les anges impies, et leur
défendait de se présenter devant le Seigneur des esprits afin qu’ils ne
suscitent point d’accusations contre les habitants de la terre.
- Après
cela je demandai à l’ange de paix qui était avec moi, de m’expliquer tous
ces mystères. Je lui dis : Quels sont ceux que j’ai vus aux quatre côtés
du Seigneur, et dont j’ai entendu et écrit les paroles. Il me répondit :
C’est d’abord saint Michel, l’ange clément et patient.
- C’est
ensuite saint Raphaël, l’ange qui préside aux douleurs et aux blessures
des hommes.
- Vient
ensuite Gabriel, qui préside à tout ce qui est puissant. Enfin c’est Phanuel, qui préside à la pénitence et à l’espérance
de ceux qui doivent hériter de la vie éternelle. Tels sont les quatre voix
que tu viens d’entendre.
Chapitre 41
1.
Ensuite je vis les secrets des cieux et du paradis dans toutes
les parties, et les secrets des actions humaines, chacune selon leur poids et
leur valeur. Je contemplai les habitations des élus, les demeures des saints.
Là aussi mes yeux aperçurent tous les pécheurs qui ont repoussé et nié le
Seigneur de gloire, et qui en ont été repoussés. Car le châtiment de leurs
crimes n’avait pu encore être décrété par le Seigneur des esprits.
- Là encore
mes yeux contemplèrent les secrets de la foudre et du tonnerre, les
secrets des vents, comment ils se divisent quand ils soufflent sur la
terre ; les secrets des vents, de la rosée et des nuées. Je vis le lieu de
leur origine, l’endroit d’où ils s’échappent, pour aller se rassasier de
la poussière de la terre.
- Là je vis
les réceptacles d’où sortent les vents en se séparant ; les trésors de la
grêle, les trésors de la neige, les trésors des nuages, et cette même nuée
qui, avant la création du monde, planait sur la surface de la terre.
- Je vis
également les trésors de la lune, où ses phases prenaient naissance ; leur
commencement, leur glorieux retour ; comme l’une est plus brillante que
l’autre ; leur progrès éclatant, leur cours invariable, leur amitié entre
elles, leur docilité, et leur obéissance qui les porte sur les pas du
soleil, d’après l’ordre du Seigneur des esprits. Oh ! que son nom est
puissant dans tous les siècles !
- Ensuite
fut achevé le sentier de la lune, tant sa partie cachée que sa partie
visible, le parcours de son sentier aussi bien de jour que de nuit,
chacune, l’une comme l’autre, tournait ses regards vers le Seigneur des
esprits, l’exaltant et le louant sans interruption ; d’autant plus que
louer est pour elles comme un temps de repos, mais dans le soleil ce sont
des retours fréquents à la bénédiction et à la malédiction.
- La
lumière de la lune est pour les élus, comme les ténèbres sont pour les
pécheurs ; telle est la volonté du Seigneur des esprits, qui a distingué
la lumière des ténèbres, comme il a distingué les esprits des hommes,
fortifiant ceux des justes de sa propre justice.
- Et aucun
ange ne les précédera, car aucun d’eux n’a reçu ce pouvoir. Quant au
Seigneur, du haut de son trône, il voit toutes les créatures et les juge en souverain.
Chapitre 42
1.
La sagesse n’a point trouvé sur la terre de demeure où reposer
sa tête ; c’est pourquoi elle fait sa résidence dans le ciel.
- La
sagesse est descendue du ciel pour habiter avec les enfants des hommes,
mais elle n’a point trouvé de demeure. Alors la sagesse est retournée vers
son divin séjour, et a pris place au milieu des saints anges. Après sa
retraite l’iniquité s’est présentée, et elle a trouvé une demeure, et elle
a été reçue par les enfants des hommes, comme la pluie est reçue par le
désert, comme la rosée est reçue par une terre desséchée.
Chapitre 43
1.
Je vis une autre splendeur, et les étoiles du ciel. Je
remarquai qu’il les appelait toutes par leur nom, et qu’elles répondaient à son
appel. Je le vis qui les pesait dans sa balance de justice, selon leur lumière,
la grandeur des espaces qu’elles parcourent, et le jour où elles doivent
apparaître ou s’éclipser. La splendeur engendre la splendeur, et leurs
mouvements correspondent à ceux des anges et des fidèles.
- Alors j’intérrogeai l’ange qui était avec moi, et qui
m’expliquait les mystères, et je lui demandai quels étaient leurs noms. Il
me répondit : <<Le Seigneur des esprits t’en a fait voir une image.
Ce sont les noms des justes, qui sont sur la terre, et qui croient au nom
du Seigneur des esprits dans tous les siècles.>>
Chapitre 44
1.
Je vis encore une autre chose remarquable par sa splendeur ;
elle émanait des étoiles, et devenait brillante, mais elle ne s’en séparait
point.
Chapitre 45
1.
Parabole seconde, qui s’adresse à ceux qui nient le nom et la
demeure des saints et du Seigneur des esprits.
- Ils ne
monteront point au ciel ; ils ne descendront point sur terre. Voilà quel
sera le sort des pécheurs qui renient le nom du Seigneur des esprits ; ils
seront réservés pour le jour du châtiment et de vengeance.
- En ce
jour l’Elu siégera sur un trône de gloire. Il
statuera sur leur sort, et, confirmant par sa présence les esprits des
saints, il assignera une demeure à ceux qui ont mis leur confiance et leur
amour dans son nom saint et glorieux.
- En ce
jour, je placerai mon élu au milieu d’eux, je changerai la face du ciel,
je l’illuminerai pour l’éternité.
- Je
changerai aussi la face de la terre, je la bénirai ainsi que tous ceux que
j’ai choisis, et que je ferai habiter sur la terre, mais pour ceux qui ont
commis l’iniquité, ils n’y demeureront plus, car je les ai vus et
remarqués. Mais les justes, je les rassasierai de ma paix, je les placerai
devant moi ; aux pécheurs la damnation éternelle ; ils seront effacés de dessus
la terre.
Chapitre 46
1.
Là je vis l’Ancien des jours, dont la tête était comme de la
laine blanche, et avec lui un autre, qui avait la figure d’un homme. Cette
figure était pleine de grâce, comme celle d’un des saints anges. Alors
j’interrogeai un des anges qui était avec moi, et qui m’expliquait tous les
mystères qui se rapportent au Fils de l’homme. Je lui demandais qui il était,
d’où il venait, et pourquoi il accompagnait l’Ancien des jours ?
- Il me
répondit en ces mots : <<Celui-ci est le Fils de l’homme, à qui
toute justice se rapporte, avec qui elle habite, et qui tient la clef de
tous les trésors cachés ; car le Seigneur des esprits l’a choisi de
préférence, et il lui a donné une gloire au-dessus de toutes les créatures.>>
- Ce Fils
de l’homme que tu as vu, arrachera les rois et les puissants de leur
couche voluptueuse, les sortira de leurs terres inébranlables ; il mettra
un frein aux puissants, il brisera les dents des pécheurs.
- Il
chassera les rois de leurs trônes et de leurs royaumes, parce qu’ils
refusent de l’honorer, de publier ses louanges et de s’humilier devant
celui à qui le royaume a été donné. Il mettra le trouble dans la race des
puissants ; il les forcera de se coucher devant lui. Les ténèbres
deviendront leur demeure, et les vers seront les compagnes de leur couche
; point d’espérance pour eux de sortir de ce lit immonde, car ils n’ont
pas consulté le nom du Seigneur des esprits.
- Ils
mépriseront les astres du ciel, et lèveront les mains contre le Tout-Puissant ; leurs pensées ne seront tournées que
vers la terre, dont ils voudraient faire leur demeure éternelle ; et leurs
oeuvres ne seront que les oeuvres de l’iniquité. Ils mettront leurs joies
dans leurs richesses, et leur confiance dans des dieux fabriqués de leurs propres
mains. Ils refuseront d’invoquer le Seigneur des esprits ; ils le
chasseront de ses temples,
- Ainsi que
les fidèles qui seront persécutés pour le nom du Seigneur des esprits.
Chapitre 47
- En ce
jour-là, les prières des saints monteront de la terre jusqu’au pied du
trône du Seigneur des esprits.
- Dans ce
jour, les saints qui habitent au-dessus des cieux se rassembleront, et
d’une voix unanime, ils prieront, ils supplieront, ils célébreront, ils
loueront, ils exalteront le nom du Seigneur des esprits, à cause du sang
des justes, répandu pour lui ; et ces prières des justes s’élèveront
incessamment vers le trône du Seigneur des esprits, afin qu’il leur rende
enfin justice, et que sa patience pour les méchants ne soit point
éternelle.
- Dans ce temps,
je vis l’Ancien des jours, assis sur le trône de sa gloire. Le livre de la
vie était ouvert devant lui, et toutes les puissances du ciel se tinrent
debout devant lui et autour de lui.
- Alors les
coeurs des saints étaient inondés de joie, parce que le temps de la
justice était arrivé, que la prière des saints avait
été entendue, et que le sang des justes avait été apprécié par le Seigneur
des esprits.
Chapitre 48
1.
Dans ce temps-là, j’aperçus la source de la justice, qui ne
tarissait jamais, et d’où s’émanaient une multitude de petits ruisseaux, qui
étaient les ruisseaux de la sagesse. C’est là que tous ceux qui avaient soif
venaient boire, et ils se trouvaient soudain remplis de sagesse, et ils
faisaient leur demeure avec les justes, les élus et les saints.
- Et à
cette heure, le Fils de l’homme fut invoqué devant le Seigneur des
esprits, et son nom devant l’Ancien des jours.
- Et avant
la création du soleil et des astres, avant que les étoiles ne fussent
formées au firmament, on invoquait le nom du Fils de l’homme devant le
Seigneur des esprits. Il sera le bâton des justes et des saints, il s’appuieront sur lui, et ils ne seront point
ébranlés ; il sera la lumière des nations.
- Il sera
l’espérance de ceux dont le coeur est dans l’angoisse. Tous ceux qui
habitent sur la terre se prosterneront devant lui, et l’adoreront ; ils le
célébreront, ils le loueront ; ils chanteront les louanges du Seigneur des
esprits.
- Ainsi l’Élu et le Mystérieux a été
engendré, avant la création du monde, et son existence n’aura point de
fin.
- Il vit en
sa présence, et il a révélé aux saints et aux justes la sagesse du
Seigneur des esprits : car c’est lui qui leur conserve la portion de leur
héritage. Car ils ont haï et repoussé loin d’eux ce monde d’iniquité, ils
ont détesté ses oeuvres et ses voies, et n’ont voulu invoquer que le nom
du Seigneur des esprits.
- Aussi
c’est par ce nom qu’ils seront sauvés, et sa volonté sera leur vie. Dans
ces jours-là, les rois et les puissants de la terre qui auront conquis le
monde par la force de leurs bras, seront humiliés.
- Car au
jour de l’anxiété et du trouble, leurs âmes ne seront point sauvées, mais
ils seront soumis à ceux que j’ai choisis.
- Je les
jetterai comme on jette la paille dans le feu, comme on précipite le plomb
dans l’eau. Ils brûleront en présence des justes, ils seront submergés aux
yeux des saints, et on n’en trouvera pas même la dixième partie.
- Mais au
jour de leur trouble, la paix règnera sur la terre.
- Ils
tomberont en sa présence, et ne se relèveront plus ; et il n’y aura
personne qui puisse l’arracher de ses mains et le secourir ; car ils ont
repoussé le Seigneur des esprits et son Messie. Que le nom du Seigneur des
esprits soit béni.
Chapitre 48
1.
La sagesse s’écoule comme de l’eau, et la gloire devant lui est
intarissable dans tous les siècles des siècles, car il est puissant dans tous
les mystères de la justice.
- Mais
l’iniquité passe comme l’ombre, pour elle point de demeure stable, car l’Elu se tient debout devant le Seigneur des esprits, et
sa gloire dure dans les siècles des siècles, et sa puissance est
éternelle.
- Avec lui
habite l’esprit de la sagesse et de l’intelligence, l’esprit de savoir et
de puissance, les esprits de ceux qui dorment dans la justice : il juge et
discerne les choses les plus cachées.
- Personne
ne peut prononcer un seul mot devant lui, car l’Elu
est devant la face du Seigneur des esprits, selon son bon plaisir.
Chapitre 49
1.
Dans ces jours, les saints et les élus auront leur tour. La
lumière du jour habitera en eux, et la splendeur et la gloire les illuminera.
- Dans les
jours de trouble, tous les maux fondront sur les pécheurs, mais les justes
triompheront au nom du Seigneur des esprits.
- D’autres
comprendront enfin qu’il leur faut se repentir et en finir avec les
oeuvres mauvaises de leurs mains ; ils comprendront qu’ils n’ont pas à
attendre de louanges devant le Seigneur des esprits, mais qu’ils peuvent
encore être sauvés par son nom. Le Seigneurs des esprits exercera sa
miséricorde sur eux ; car, grande est sa clémence et la justice est en ses
jugements, et il n’y a point d’iniquité. Aussi quiconque ne fera point
pénitence, périra.
- Non, ils
n’auront plus de grâce à attendre de moi, dit le Seigneur.
Chapitre 50
1.
Dans ces jours-là, la terre rendra de son sein et l’enfer du
sien ce qu’ils ont reçu, et l’abîme rendra ce dont il est redevable.
- Ils
séparera les justes et les saints des méchants, car ce sera pour
les premiers des jours de grâce et de salut.
- Dans ces
jours, l’Elu siègera sur son trône, et tous les
secrets de la sagesse et de l’intelligence s’échapperont de sa bouche ;
car le Seigneur des esprits l’a doté d’une gloire éternelle.
- Dans ces
jours, les montagnes tressailleront comme des
béliers, et les collines bondiront comme des agneaux rassasiés de lait, et
les justes seront des anges dans le ciel.
- Leur
visage resplendira d’une joie ravissante ; car dans ces jours, l’Elu sera exalté ; la terre tressaillera
d’allégresse, les justes l’habiteront, et les élus la fouleront de leurs
pieds innocents.
Chapitre 51
1.
Après ce temps, dans le lieu même où j’avais vu tant de
mystères, je fus enlevé par un tourbillon et emporté vers l’occident.
- Là, mes
yeux aperçurent les secrets du ciel et ceux de la terre ; une montagne de
fer, une montagne d’airain, une montagne d’argent, une montagne d’or, une
montagne d’un métal liquide, enfin une montagne de plomb.
- Et
j’interrogeai l’ange qui était avec moi, et je lui dis ; Que signifient
ces choses que je viens d’apercevoir ?
- Et l’ange
me répondit : Toutes ces choses que tu as vues, regardent l’empire du
Messie, et sont un symbole de son règne et de sa puissance sur la terre.
- Et cette
ange de paix me répondit encore : Patience encore un peu de temps, et tu
verras, et il te sera révélé toutes les choses qu’a décrétées la sagesse
du Seigneur des esprits. Ces montagnes que tu as aperçues, et qui sont
l’une d’airain, l’autre de fer, la troisième d’argent, la quatrième d’or,
la cinquième d’un métal liquide, la sixième enfin, de plomb ; toutes ces
montagnes, dis-je, seront en la présence de l’Elu,
comme un gâteau de miel devant une fournaise ardente, ou comme l’eau qui
coule du haut d’une montagne ; elles tomberont à ses pieds.
- Dans ces jours-là, les hommes ne trouveront leur
salut ni dans l’or ni l’argent.
- Ils ne
pourront ni fuir ni se défendre.
- Alors il
n’y aura plus d’armes à fabriquer avec l’airain ni de cuirasse pour
protéger la poitrine.
- Le fer
deviendra inutile : cela même ne servira à rien qui ne se rouille ni ne
s’use, et le plomb ne sera plus recherché.
- Tout sera
rejeté, tout sera effacé de dessus la terre, quand l’Elu
apparaîtra en la présence du Seigneur des esprits.
Chapitre 52
1.
Alors, mes yeux aperçurent une vallée profonde dont l’entrée
était vaste et spacieuse.
- Tous ceux
qui habitent sur la terre, dans la mer et dans les îles, y apporteront
leurs tributs et leurs présents, et cependant rien ne pourra en combler la
profondeur. Leurs mains commettront l’iniquité. Tout ce que les nobles
labeurs des justes auront produits, les pécheurs le dévoreront
honteusement. Mais ils périront de la face du Seigneur des esprits, et de
la face de la terre elle-même. Quant aux justes ils se relèveront et ils
vivront dans tous les siècles des siècles.
- Je vis
les anges des châtiments qui y habitaient et qui préparaient les
instruments de Satan.
- Alors j’intérrogeai l’ange de la paix, qui était avec moi, et
je lui demandai pour qui ces instruments ?
- Il me
répondit : Ils sont préparés pour les rois et les puissants de la terre ;
c’est par là qu’ils doivent périr.
- Ensuite
apparaîtra le temple auguste où les élus et les justes se réuniront pour
ne plus se séparer, par la vertu du nom du Seigneur des esprits.
- Ces
montagnes ne subsisteront point en sa présence, pas plus que la terre et
les collines ; mais elles s’écouleront devant lui comme des sources d’eau
vive. Les justes seront alors délivrés des persécutions des pécheurs.
Chapitre 53
1.
Alors je vis une autre partie de la terre, vers laquelle je me
tournai, et j’aperçus une vallée profonde tout embrasée.
- A cette
vallée les rois et les puissants étaient conduits.
- Là, mes
yeux virent des instruments de supplice, des chaînes d’un fer sans
pesanteur.
- Alors j’intérrogeai l’ange de paix qui était avec moi, et je
lui dis : Pour qui réserve-t-on ces chaînes et ces instruments de supplice
?
- Il me
répondit : Tous ces tourments sont préparés pour l’armée d’Azazyel ; c’est là que ses soldats impies seront
précipités sur des pierres aiguës ; ainsi le veut le Seigneur des armées.
- Quant à
Michel, Gabriel, Raphaël et Phanuel, ils seront
confirmés en ce jour ; et ils seront chargés de jeter dans la fournaise
ardente les anges rebelles ; c’est ainsi que sera vengé le Seigneur des
esprits ; c’est ainsi que leurs crimes seront punis ; car ils se sont
faits les ministres et les serviteurs de Satan, ils sont devenus les
séducteurs de ceux qui demeurent sur la terre.
- En ce
jour, le Seigneur donnera le signal du supplice ; les réservoirs d’eau qui
sont sur le ciel, s’ouvriront ainsi que les sources qui sont sous le ciel
et sous la terre.
- Toutes
les eaux, tant supérieures qu’inférieures, seront confondues.
- L’eau
supérieure remplira le rôle de l’homme.
- L’eau
inférieure, celui de la femme ; tous ceux qui habitent la terre, tous ceux
qui habitent sur les confins du ciel, tous, dis-je, seront exterminés.
- Ils
comprendront, par la grandeur du châtiment, la grandeur de leur iniquité,
et ils périront.
Chapitre 54
1.
Et puis l’Ancien des jours se repentit, et il dit : C’est en
vain que j’ai détruit tous les habitants de la terre.
- Et il
jura par son grand nom, en disant : Non, je n’agirai plus ainsi avec les
habitants de la terre.
- Mais je
placerai un signe dans le ciel, et il sera un témoin entre eux et moi,
pour l’éternité, pour tout le temps que durera le ciel et la terre.
- De plus,
voici ce que j’ai résolu : si je veux les surprendre, je me servirai des
anges comme d’instruments de vengeance, au jour de l’affliction et du
trouble, et ma colère s’appesantira sur eux, dit le Seigneur des esprits.
- O rois, ô
puissants de ce monde, vous verrez mon Elu assis
sur le trône de ma gloire ; il jugera Azazyel,
tous ses complices et toutes ses cohortes, au nom du Seigneur des esprits.
- Là je vis
les compagnies des anges au milieu des supplices, enfermés dans des rets
de fer et d’airain. Alors, je demandai à l’ange de paix qui était avec moi
: Vers qui vont tous ces prisonniers ?
- Il me dit
: Vers chacun de leurs élus et enfants bien-aimés, afin qu’ils soient tous
précipités dans les profondeurs de la vallée.
- Et cette
vallée sera remplie de leurs élus et de leurs bien-aimés, dont les jours
sont terminés, sans doute, mais dont les jours d’erreurs ne doivent point
finir.
- Alors les
princes se réuniront et conspireront ensemble. Les principaux de l’Orient,
parmi les Parthes et les Mèdes, chasseront les rois, dominés par l’esprit
de vertige et d’erreur. Ils les renverseront de leurs trônes, bondissant
comme des lions hors de leurs repaires, et comme des loups affamés au
milieu des troupeaux.
- Ils
s’avanceront et fouleront sous leurs pas la terre de leurs élus. La terre
de leurs élus s’étendra devant eux ; l’aire, la voie et la ville de mon
juste arrêtera leurs coursiers. Ils se lèveront
pour se détruire mutuellement ; leur droite sera fortifiée et nul homme ne
reconnaîtra son frère ou son ami.
- Ni son
père ni sa mère, jusqu’à ce que le nombre des cadavres ait été complété
par leur mort et leur châtiment. Et ce sera justice.
- Dans ces
jours, l’abîme ouvrira sa gueule dévorante, et engloutira les pécheurs qui
disparaîtront ainsi devant la face des élus.
Chapitre 55
1.
Après cela, j’aperçus une autre armée de chars, et ces chars
étaient pleins de guerriers.
- Portés
sur l’aile des vents, ils venaient de l’Orient, de l’Occident et du Midi.
- On
entendait au loin le bruit de leurs chars roulant.
- Et ce
bruit était si grand, que les saints l’entendirent du ciel ; les colonnes
et les fondements de la terre en furent ébranlées,
et le bruit retentit en même temps des extrémités de la terre jusqu’à
celles du ciel.
- Alors
tous se prosternèrent et adorèrent le Seigneur des esprits.
- Ceci est
la fin de la deuxième parabole.
Chapitre 56
1.
Alors je commençai à produire la troisième parabole, au sujet
des justes et des élus.
- Soyez
bénis justes et élus, car votre destinée est glorieuse.
- Les
justes demeureront dans la lumière du soleil, et les élus dans la lumière
de la vie éternelle, de cette vie dont les jours n’ont point de déclin ;
les jours des saints ne seront point comptés ; ils ont cherché la lumière,
ils ont trouvé la justice du Seigneur des esprits.
- Paix soit
donc aux saints par le Seigneur du monde.
- Dès ce
moment, on dira que les justes cherchent dans le ciel les secrets de la
justice, et la part d’héritage que la foi leur promet. Car ils se sont
levés comme le soleil sur la terre et les ténèbres ont disparu. Là, il y
aura une lumière sans fin, et des jours innombrables. Les ténèbres seront
dissipées, et la lumière grandira devant le Seigneur des esprits ; la
lumière de la justice brillera sur eux d’un éclat sans pareil.
Chapitre 57
1.
Dans ces jours-là mes yeux aperçurent les secrets des éclairs
et des foudres et leur jugement.
- Ils
brillent tantôt pour bénir tantôt pour maudire, suivant la volonté du
Seigneur des esprits.
- Je vis
aussi les secrets du tonnerre, quand il tonne dans le ciel, et que la
terre en retentit.
- Je vis
encore les habitations de la terre. Quant au tonnerre, si parfois il
gronde pour annoncer la paix et pour bénir, il gronde aussi souvent pour
les malédictions, suivant la volonté du Seigneur des esprits.
- Ensuite
je compris tous les secrets des foudres et des éclairs. L’un et l’autre
annoncent au monde la bénédiction et la fertilité.
Chapitre 58
1.
Au quatorzième jour du septième mois de la cinq centième année
de la vie d’Enoch, je vis dans cette parabole que le
ciel des cieux fut ébranlé, et que les puissances très élevées, que des
milliers de milliers et des myriades de myriades d’anges étaient dans une très
grande agitation. Et en regardant, je vis l’Ancien des jours assis sur son
trône de gloire, et entouré des anges et des saints. Je fus saisi d’une grande
frayeur, et comme frappé de stupéfaction ; mes jambes se dérobèrent sous moi,
et je tombai prosterné la face contre terre. Alors l’ange saint Michel, autre
saint ange, fut envoyé pour me relever.
- Et quand
je fus debout, je repris les sens que j’avais perdus, ne pouvant supporter
cette vision trop forte pour ma faiblesse, et les agitations et ce
tressaillement du ciel.
- Alors
saint Michel me dit : Pourquoi te troubles-tu de cette vision ?
- Jusqu’aujourd’hui,
c’était le temps de sa miséricorde et il a été miséricordieux et patient
envers les habitants de la terre.
- Mais
quand viendront le jour et les puissances, le châtiment et le jugement que
le Seigneur des esprits a préparés pour ceux qui s’inclinent devant le
jugement de la justice et pour ceux qui nient le jugement de la justice et
pour ceux qui prononcent son nom en vain :
- Ce jour
sera pour les élus un jour d’alliance, pour les pécheurs un jour de
châtiment.
- Dans ce
jour on fera sortir pour se repaître des méchants deux monstres, l’un
mâle, l’autre femelle ; la femelle s’appelle Léviathan ; il habite dans
les entrailles de la mer, sur les sources des eaux.
- Le
monstre mâle se nomme Behemoth ; il roule dans
un désert invisible ses replis tortueux.
- Son nom
était Dendagin à l’orient du jardin où
habiteront les élus et les justes, et où fut placé mon aïeul, le septième
après Adam, le premier homme créé par le Seigneur des esprits.
- Alors je
demandai à l’autre ange qu’il me montre la puissance de ces monstres, et
comment ils avaient été séparés dans le même jour pour être précipités,
l’un dans le fond de la mer, l’autre dans le fond d’un désert.
- Et il me
dit : O fils de l’homme, tu veux savoir les choses mystérieuses et
cachées.
- Et l’ange
de la paix qui était avec moi me dit : Ces deux monstres sont des
créatures de la puissance divine, ils doivent dévorer ceux qu’aura punis
la vengeance de Dieu.
- Alors les
enfants tomberont avec leurs mères, les fils avec leurs pères.
- Et ils
recevront le châtiment qu’ils auront mérité, et la justice de Dieu sera
satisfaite, mais après ce jugement viendra l’heure de la miséricorde et de
la longanimité.
Chapitre 59
- Alors
l’autre ange qui était avec moi, me parla,
- Et me
révéla les premiers et les derniers secrets sur le ciel et sur la terre,
- Sur les
confins du ciel, et dans ses fondements, dans les réceptacles des vents ;
- Il montra
comment leurs souffles sont divisés et pesés, comment les vents et les
fontaines sont classés, d’après leur énergie et leur abondance.
- Il me fit
voir l’éclat de la lumière de la lune, c’est une puissance de justice ;
comment des étoiles se subdivisent entre elles, et quel nom est propre à
chacune.
- Il me
montra encore les tonnerres distingués aussi entre eux, par le poids, par
leur énergie, par leur puissance.
- Je vis
l’obéissance de ces fléaux célestes à sa divine volonté. J’appris que la
lumière ne se séparait point de la foudre, et quoique l’un et l’autre
soient unis par des esprits différents, ils n’en sont pas moins
inséparables.
- Car quand
la foudre sillonne la nue, le tonnerre gronde, mais leurs esprits
s’arrêtent au moment opportun, et font un juste équilibre ; leurs trésors
sont aussi nombreux que les grains de sable. L’un et l’autre s’apaisent
quand il le faut, et suivant les circonstances, ils compriment leurs
forces ou ils les déchaînent.
- Également
l’esprit de la mer est puissant et fort, et de même qu’une puissance
prodigieuse la retire en arrière avec une bride, de même elle est chassée
en avant et dispersée contre les montagnes. L’esprit des frimas, c’est son
ange ; l’esprit de la grêle est un bon ange ainsi que l’esprit de la
neige, à cause de sa force, et il y a en elle principalement un esprit qui
en fait élever comme de la fumée, et son nom est fraîcheur.
- L’esprit
des nuages n’habite point avec ceux dont je viens de parler, mais il a sa
demeure particulière ; sa marche s’opère dans la splendeur,
- Dans la
lumière et dans les ténèbres, dans l’hiver et dans l’été son séjour est
splendide, et son ange est toujours lumineux.
- L’esprit
de la rosée fait sa demeure sur les confins mêmes des cieux, son séjour
est voisin de celui de la pluie ; son empire s’exerce pendant l’hiver,
pendant l’été. Quant aux nuages, voici leur origine : une première
nuée est produite, elle s’en adjoint plusieurs autres ; bientôt elles
s’amoncellent portant la pluie dans leurs humides flancs ; alors l’ange
apparaît, il ouvre les trésors supérieurs, et la pluie est ainsi créée.
- Même
chose arrive quand la pluie se répand sur la face de la terre, qu’elle va
se réunir à toutes les eaux qui coulent dans son sein, après l’avoir
fécondée ; car les eaux sont la nourriture de la terre, telle est la
volonté du Très-Haut.
- Voilà
pourquoi il y a des limites à la pluie et les anges qui y procèdent, la
répartissent avec une juste mesure.
- Je vis
toutes ces merveilles, aussi bien que le jardin des justes.
Chapitre 60
1.
Dans ces jours je vis des anges qui tenaient de longues cordes,
et qui, portés sur leurs ailes légères, volaient vers le septentrion.
- Et je
demandai à l’ange pourquoi ils avaient en mains ces longues cordes, et
pourquoi ils s’étaient envolés. Il me répondit : Ils sont allés
mesurer.
- L’ange
qui était avec moi, me dit encore : Ce sont les mesures des justes ;
ils apporteront les cordes des justes, afin qu’ils s’appuient sur le nom
du Seigneur des esprits à jamais.
- Les élus
commenceront à habiter avec l’Elu.
- Voilà les
mesures qui seront données à la foi, et qui confirmeront la parole de la
justice.
- Ces
mesures révéleront tous les secrets dans les profondeurs de la terre.
- Et il
arrivera que ceux qui ont péri dans le désert, qui ont
été dévorés par les poissons de la mer ou par les bêtes sauvages
reviendront pleins d’espérance dans le jour de l’Elu
; car personne ne périra en la présence du Seigneur des esprits, personne
ne peut périr.
- Et tous
ceux qui étaient dans le ciel, ont reçu l’empire et la jouissance ; la
gloire et la splendeur.
- Ils
loueront par leur voix l’Elu de Dieu, et ils
l’exalteront et le loueront avec sagesse, et ils feront voir leur sagesse
dans la parole et dans l’esprit de la vie.
- Alors le
Seigneur des esprits plaça son élu sur le trône de sa gloire.
- Pour
qu’il juge toutes les oeuvres des saints, du haut des cieux, et pèse leurs
actions dans la balance de la justice. Et quand il élèvera sa face pour
discerner les voies secrètes, qu’ils ont suivies, confiant dans le nom du
Seigneur des esprits, et leurs progrès dans les sentiers de la justice.
- Tous
réuniront leurs voix, le béniront, le loueront, l’exalteront, le
célébreront au nom du Seigneur des esprits.
- Et il
appellera à son tribunal toutes les puissances des airs et tous les
saints, les chérubins, les séraphins et les ophanims,
tous les anges de la puissance, tous les anges des dominations,
c’est-à-dire les anges de l’Elu, et les autres
puissances, qui au premier jour planaient sur les eaux.
- D’une
voix unanime ils les exalteront, les béniront, les loueront, les
célébreront, les magnifieront ces esprits de foi, ces esprits de sagesse
et de patience, ces esprits de clémence, ces esprits de justice et de
paix, ces esprits de bienveillance ; tous s’écrieront à la fois :
Béni sot-il ; que le nom du Seigneur des esprits soit béni. Tous ceux qui
ne dorment point, le loueront dans les cieux.
- Tous le
loueront, les saints dans le ciel, les élus qui vivent dans le jardin, et
tout esprit de lumière, capable de bénir, de louer, d’exalter, de célébrer
ton sacré nom ; toute chair, toute puissance, louera et célébrere ton nom dans les siècles des siècles.
- Car la
miséricorde du Seigneur des esprits est grande, grande est sa patience, et
il a révélé ses oeuvres, sa puissance, et tout ce qu’il est aux saints et
aux élus, au nom du Seigneur des esprits.
Chapitre 61
1.
Le Seigneur a commandé aux rois, aux princes, aux puissants, à
tous ceux qui habitent sur la terre, en disant : Ouvrez les yeux, levez au
ciel vos fronts, et essayer de comprendre l’Elu.
- Et le
Seigneur des esprits siégeait sur son trône de gloire.
- Et
l’esprit de justice était répandu autour de lui.
- Le verbe
de sa bouche exterminera tous les pécheurs et tous les impies ; aucun
d’eux ne subsistera devant lui.
- Dans ce jours les rois, les princes, les puissants, et ceux
qui possèdent la terre se lèveront, verront, et comprendront ; ils le
verront assis sur son trône de gloire, et devant lui les saints qu’il
jugera dans sa justice.
- Et rien
de ce qui sera dit devant lui, ne sera vain.
- Alors le
trouble les saisira, ils seront semblables à une femme surprise par les
douleurs de l’enfantement, dont le travail est pénible, dont la délivrance
est difficile.
- Ils se
regarderont les uns les autres ; et dans leur stupeur ils baisseront
le visage.
- Et ils
seront frappés d’effroi quand ils verront le Fils de la femme assis sur
son trône de gloire.
- Alors les
rois, les princes, et tous ceux qui possèdent la terre, célébreront celui
qui les gouverne tous, celui qui était caché. Car depuis le commencement
le Fils de l’homme était caché ; le Très-Haut le retenait en présence de
sa puissance et ne le révélait qu’aux élus.
- C’est lui
qui a rassemblé les saints et les élus ; aussi tous les élus seront-ils
devant lui en ce jour.
- Tous les
rois, les princes, les puissants, et ceux qui gouvernent sur la terre, se
prosterneront devant lui, et l’adoreront.
- Ils
mettront leur espérance dans le Fils de l’homme, ils lui adresseront leurs
prières, et invoqueront sa miséricorde.
- Alors le
Seigneur des esprits se hâtera de les chasser de sa présence. Leurs
visages seront alors pleins de confusion, et se couvriront de ténèbres
épaisses. Puis les anges des châtiments célestes les saisiront, et la
vengeance de Dieu s’appesantira sur ceux qui ont persécuté ses enfants et
ses saints. Exemple terrible pour les saints et pour les élus, qui se
réjouiront de cette justice infinie ; car la colère du Seigneur des
esprits persévérera sur eux.
- Alors le
glaive du Seigneur des esprits se rassasiera du sang des méchants ; mais
les saints et les élus seront sauvés dans ce jour, et n’auront plus devant
les yeux le spectacle des méchants et des impies.
- Le
Seigneur des esprits planera seul désormais sur eux.
- Et ils
habiteront avec le Fils de l’homme, ils mangeront, ils dormiront, ils se
lèveront avec lui dans les siècles des siècles.
- Les
saints et les élus s’élèveront de la terre ; ils cesseront de baisser les
yeux, en signe de dépendance et d’humilité ; ils seront revêtus d’un
vêtement de vie. Ce vêtement de vie leur est commun avec le Seigneur des
esprits : en sa présence votre vêtement ne vieillira point et votre
gloire n’aura point de déclin.
Chapitre 62
1.
Dans ces jours-là, les rois, les puissants et ceux qui
possèdent la terre, imploreront les anges des châtiments célestes auxquels ils
auront été livrés, de leur donner quelque repos, pour se prosterner devant le
Seigneur des esprits et pour l’adorer et confesser leurs péchés.
- Ils
loueront et célébreront le Seigneur des esprits, en disant : Béni
soit le Seigneur des esprits, le Roi des rois, le Prince des princes, le
Seigneur des seigneurs, le Seigneur de la gloire, le Seigneur de la
sagesse.
- Il mettra
au jour tout ce qui est secret.
- Ta
puissance est dans les siècles des siècles, ainsi que ta gloire.
- Tes
secrets sont profonds et innombrables, et ta justice est incommensurable.
- Ah ! nous
voyons maintenant qu’il nous faut célébrer et louer le Roi des rois, celui
qui est le maître absolu de toutes choses.
- Et ils
diront : Qui nous a donné quelque soulagement à nos maux pour
célébrer, pour louer, pour bénir, pour confesser nos péchés et nos crimes
en présence de sa gloire ?
- Le
soulagement que nous demandons est de quelques instants, et cependant nous
ne pouvons l’obtenir ; notre lumière s’est éteinte pour l’éternité, et les
ténèbres nous environnent à jamais.
- Car nous
ne l’avons pas confessé, nous n’avons pas célébré le nom du Roi des rois,
nous n’avons pas glorifié le Seigneur dans toutes ses oeuvres ; mais nous
avons mis notre confiance dans notre puissance et dans le sceptre de notre
gloire.
- Aussi, au
jour de la douleur et de l’effroi, il ne nous sauvera pas, et nous ne
trouverons point de repos. Nous le comprenons maintenant, le Seigneur est
fidèle dans toutes ses oeuvres, dans tous ses jugements, dans sa justice.
- Dans ses
jugements, il ne fait point acception de personne ; et voici que nous
sommes repoussés loin de sa présence, à cause de nos mauvaise oeuvres.
- Nos
péchés ne sont que trop bien pesés !
- Puis ils
se diront les uns aux autres : Nos âmes se sont rassasiées des
richesses de l’iniquité.
- Et voici
qu’elles ne nous sont d’aucun secours dans ce moment que nous descendons
dans les flammes de l’enfer.
- Alors
leurs visages seront remplis de ténèbres et de confusion en présence du
Fils de l’homme ; et ils seront repoussés loin de lui, car devant lui le
glaive de la justice se dressera pour les exterminer.
- Et le
Seigneur a dit : Voilà ce qu’a décrété ma justice contre les princes,
les rois, les puissants, et ceux qui possèdent la terre.
Chapitre 63
1.
Je vis encore d’autres visions dans ce lieu désert. J’entendis
la voix de l’ange qui disait : Voici les anges qui sont descendus du ciel
sur la terre, qui ont révélé les secrets aux fils des l’hommes, et leur ont
enseigné à connaître l’iniquité.
Chapitre 64
- Dans ce
temps-là, Noé vit la terre s’incliner et menacer ruine.
- C’est
pourquoi il se mit en route et se dirigea vers les limites de la terre, du
côté de l’habitation de son aïeul Enoch.
- Et Noé
s’écria trois fois d’une voix amère : Écoute-moi, écoute-moi,
écoute-moi ! Et il lui dit : Dis-moi ce qui se passe sur la terre,
car elle paraît souffrir et être violemment tourmentée; assurément je
périrai avec elle.
- En effet,
il y avait une grande pertubation sur la terre,
et une voix fut entendue du ciel. Je tombai la face contre terre ; alors
mon aïeul Enoch vint et se tint devant moi.
- Et il me
dit : Pourquoi m’as-tu appelé d’une voix si amère et si lamentable ?
- Le
Seigneur a décidé dans sa justice que tous les habitants de la terre
périraient, parce qu’ils connaissaient tous les secrets des anges, qu’ils
ont en leurs mains la puissance ennemie des démons, la puissance de la
magie, et ceux qui fondent des idoles sur toute la terre.
- Ils
savent comment l’argent se tire de la poussière de la terre, comment il
existe dans le sol des lames métalliques ; car le plomb et l’étain ne sont
point les fruits de la terre ; il faut aller les chercher jusque dans ses
entrailles.
- Et un
ange a été préposé à leur garde, qui s’est laissé corrompre.
- Alors mon
aïeul Enoch me prit par la main, et, me
relevant, il me dit : Va ! car j’ai consulté le Seigneur sur cette
perturbation de la terre, et il m’a répondu : Ils ont rempli la coupe
de leur impiété, et ma justice crie vengeance ! Ils ont consulté les
lunes, et ils ont connu que la terre devrait périr avec tous ses
habitants. Ils ne trouveront point de refuge dans l'éternité.
- Ils ont
découvert des secrets qu’ils ne devaient point connaître ; voilà pourquoi
ils seront jugés ; mais pour toi, mon fils, le Seigneur des esprits
connaît ta pureté et ton innocence ; il sait que tu blâmes la révélation
des secrets.
- Le
Seigneur, le Saint par excellence, a conservé ton nom au milieu de celui
des saints ; il te conservera pur de la corruption des habitants de la
terre. Il te donnera à tes descendants des royaumes et une grande gloire,
et il naîtra de toi une race de justes et de saints dont le nombre sera
infini.
Chapitre 65
1.
Après cela, il me montra les anges des châtiments célestes, qui
se disposaient à venir donner aux eaux de la terre toute leur violence,
- Afin
qu’elles servissent à la justice de Dieu et qu’elles fissent le supplice
mérité de tous ceux qui habitent la terre.
- Et le
Seigneur des esprits défendit aux anges de porter
aucun secours aux hommes.
- Car ces
anges présidaient à la puissance des eaux. Alors je me retirai de la
présence d’Enoch.
Chapitre 66
1.
Dans ces jours-là, la parole de Dieu se fit entendre à mon
oreille ; elle disait : Noé voici : ton existence est montée jusqu’à
moi, existence pure de crime, existence pleine d’amour et de justice.
- Déjà les
anges élèvent des prisons ; et dès qu’ils auront terminé cette tâche,
j’étendrai ma main, et je te conserverai.
- De toi
sortira une semence de vie, qui renouvellera la terre ; afin qu’elle ne
reste pas vide. Je confirmerai ta race devant moi, et la race de ceux qui
habiteront avec toi sera béni et se multipliera sur la face de la terre,
par la vertu du nom du Seigneur.
- Quant aux
anges qui ont commis l’iniquité, ils seront enfermés et jetés dans cette
vallée ardente, que mon aïeul Enoch m’a montrée
vers l’occident, où il y avait des montagnes d’or, d’argent, de fer, de
métal liquide et d’étain.
- J’ai vu
cette vallée, et il y avait une grande confusion ; et les eaux en
jaillissaient.
- Et après
que tout cela fut fait, il s’exhala, d’une masse fluide de feu, une forte
odeur de soufre, avec des eaux jaillissantes, et la vallée des anges
coupables de séduction brûlait sous cette terre.
- Dans
cette vallée il coulait aussi des fleuves de feu, dans lesquels étaient
précipités les anges, qui avaient égaré les habitants de la terre.
- En ces
jours-là, elles serviront de guérison de l’âme et du corps aux rois, aux
puissants, aux grands et à ceux qui habitent la terre, et, d’un autre
côté, elles serviront pour la condamnation de l’esprit.
- Leur
esprit sera tout entier aux plaisirs, afin qu’ils soient jugés dans leurs
corps, parce qu’ils ont méconnu le Seigneur des esprits, et que tout en
prévoyant le châtiment qui les menace, ils n’en invoquent pas davantage
son saint nom.
- Et comme
leurs corps subiront un supplice terrible, de même aussi leurs âmes auront
à supporter une punition éternelle.
- Car la
parole du Seigneur des esprits a toujours son effet.
- Son
jugement fondra sur eux, parce qu’ils se sont confiés dans les voluptés de
leurs corps, et qu’ils ont nié le Seigneur des esprits.
- Dans ces
jours les eaux de cette vallée seront changées ; quand les anges seront
jugés, l’ardeur de ces sources prendra une intensité nouvelle.
- Et quand
les anges monteront, les eaux de ces sources se refroidiront après s’être
échauffées. Alors j’entendis saint Michel qui me disait : Le jugement
que subiront les anges menace également les rois, les princes et ceux qui
possèdent la terre.
- Car ces
eaux, en donnant la vie aux esprits des anges, donneront la mort à leur
corps. Mais ils ne comprendront pas, ils ne croiront pas que ces eaux
rafraîchissantes puissent se changer en un brasier ardent, qui brûlera
pendant toute l’éternité.
Chapitre 67
- Après
cela mon aïeul Enoch me donna la connaissance de
tous les secrets contenus dans son live, et m’expliqua les paraboles qui
lui avaient été révélées, me les dévéloppant au
milieu des paroles du livre.
- Dans ce
temps saint Michel répondit et dit à Raphaël : Mon esprit se soulève
et s’irrite contre la sévérité du jugement secret contre les anges ; qui
pourra supporter un jugement aussi terrible, qui ne sera jamais modifié,
qui doit les perdre pour l’éternité ?
- La
sentence a été prononcée contre eux par ceux qui les ont fait sortir de
cette façon. Et il arriva que se tenant devant le Seigneur des esprits,
saint Michel répondit, et dit à saint Raphaël : Quel coeur n’en
serait point ému, quel esprit n’en aurait pas compassion ?
- Puis
saint Michel dit à saint Raphaël : Je ne les défendrai point en
présence du Seigneur des esprits ; car ils ont offensé le Seigneur des
esprits, en se conduisant comme des dieux ; aussi la justice suprême
s’exercera sur eux pendant toute l’éternité.
- Ni l’ange
innocent, ni l’homme n’en sentiront les effets ; mais ceux-là seuls qui
sont coupables, et dont la punition sera éternelle.
Chapitre 68
1.
Après cela ils seront frappés de stupeur et d’effroi à cause du
jugement porté sur eux, en punition des révélations qu’ils ont faites aux
habitants de la terre.
- Voici le
nom des coupables : le 1er de tous est Semiâzâ,
le 2e Arstikifâ, le 3e Armên,
le 4e Kakabâel, le 5e Tur-êl,
le 6e Rumiât, le 7e Dan-êl,
le 8e Nukael, le 9e Barûq-êl,
le 10e Azaz-êl, le 11e Armers,
le 12e Batar-iâl, le 13e Basasaël,
le 14e Auân-êl, le 15e Tur-iâl,
le 16e Simâtisiêl, le 17e Ietar-êl,
le 18e Tumâël, le 19e Tar-êl,
le 20e Rumâël, le 21e Izêzéel.
- Tels sont
les noms des princes des anges coupables. Voici maintenant les noms des
chefs de leurs centaines, de leurs cinquantaines et de leurs dizaines.
- Le nom du
premier est Yekum ; c’est celui qui séduisit
tous les fils des saints anges, qui les poussa à
descendre sur terre, pour procréer des enfants avec des êtres humains.
- Le nom du
second est Kesabel, qui inspira de mauvaises
pensées aux fils des anges, et les poussa à souiller leurs corps en
s’accouplant avec les filles des hommes.
- Le nom du
troisième est Gadrel ; c’est lui qui a révélé
aux fils des hommes les moyens de donner la mort.
- C’est lui
qui séduisit Eve, et enseigna aux fils des
hommes les instruments qui donnent la mort, la cuirasse, le bouclier, le
glaive, et tout ce qui peut donner ou faire éviter la mort.
- Ces
instruments passèrent de ses mains dans celles des habitants de la terre,
et ils y resteront à tout jamais.
- Le nom du
quatrième est Ténémue ; c’est lui qui révéla aux
fils des hommes l’amertume et la douceur.
- Et qui
leur découvrit tous les secrets de la fausse sagesse.
- Il leur
enseigna l’écriture, et leur montra l’usage de l’encre et du papier.
- Aussi par
lui on a vu se multiplier ceux qui sont égarés dans leur vaine sagesse,
depuis le commencement du monde jusqu’à ce jour.
- Car les
hommes n’ont point été créés pour consigner leur croyance sur du papier au
moyen de l’encre.
- Ils ont
été créés pour imiter la pureté et la justice des anges.
- Ils
n’auraient point connu la mort, qui détruit tout ; c’est pourquoi la
puissance me dévore.
- Ils ne
périssent que par leur trop grande science.
- Le nom du
cinquième est Kasyade ; c’est lui qui a révélé
aux enfants des hommes tous les arts diaboliques et mauvais.
- Ces
moyens infâmes de tuer un enfant dans le sein de sa mère, ces arts qui se
pratiquent par la morsure des serpents, par l’énergie, en plein midi, dans
la semence du serpent qu’on nomme Tabaet.
- Ceci est
le nombre de Kesbel, le principal serment que le
Tout-Puissant, du sein de sa gloire, a révélé
aux saints.
- Son nom
est Beka. Celui-ci demanda à saint Michel de lui
montrer le nom secret, afin d’en avoir l’intelligence, et afin de rappeler
dans la mémoire le serment redoutable de Dieu ; et de faire trembler, à ce
nom et à ce serment, ceux qui ont révélé aux hommes tous les secrets
dangereux.
- Tel est,
en effet, l’office magique de ce serment ; il est redoutable et sans
merci.
- Et il mit
ce serment d’Aka entre les mains de saint
Michel.
- Voici les
effets de ce serment :
- Par sa
vertu magique, le ciel a été suspendu avant la création du monde.
- Par lui,
la terre s’est élevée sur les eaux ; et des parties cachées des collines
les sources limpides jaillissent depuis la création du monde jusqu’en
éternité.
- Par ce
serment, la mer a été fixée dans ses limites, et sur ses fondements.
- Il a
placé des grains de sable pour l’arrêter au temps de sa fureur ; et jamais
elle ne pourra dépasser cette limite. Par ce serment redoutable, l’abîme a
été creusé, et il conserve sa place à jamais.
- Par ce
serment, le soleil et la lune accomplissent chacun leur course périodique,
sans jamais s’écarter de la voie qui leur a été tracée.
- Par ce
serment, les étoiles suivent leur éternelle route.
- Et quand
elles sont appelées par leurs noms, elles répondent : Me voici !
- Par ce
même serment, les vents président aux eaux ; tous ont chacun leurs
esprits, qui établissent entre eux une heureuse harmonie.
- Là se
gardent les trésors des tonnerres et l’éclat de la foudre.
- Là sont
conservés les trésors de la grêle et de la glace, les trésors de la neige,
de la pluie et de la rosée.
- Tous ces
anges conserveront et béniront le nom du Seigneur des esprits.
- Ils le
célébreront par toute espèce de louange, et le Seigneur des esprits les
soutiendra, les encouragera dans ces actions de grâces, et ils loueront,
célébreront et exalteront le nom du Seigneur des esprits dans les siècles
des siècles.
- Et ce
serment a été confirmé sur eux, et leurs routes ont été tracées, et rien
ne peut les empêcher de les suivre.
- Grande
était leur joie.
- Ils le
bénissaient, ils le célébraient, ils l’exaltaient, parce que le secret du
Fils de l’homme leur avait été révélé.
- Et lui
siégeait sur le trône de gloire ; et la principale partie du jugement lui
a été réservée. Les pécheurs s’évanouiront et seront exterminés de la face
de la terre, et ceux qui les ont séduits seront entourés de chaînes à tout
jamais.
- Selon le
degré de leur corruption, ils seront livrés à différents supplices ; quant
à leurs oeuvres, elles s’évanouiront de la face de la terre, et désormais
il n’y aura plus de séducteurs, parce que le Fils de l’homme a paru assis
sur le trône de gloire.
- Toue
iniquité cessera, tout mal disparaîtra devant sa face, et la parole du
Fils de l’homme subsistera seule en présence du Seigneur des esprits.
- Voilà
troisième parabole d’Enoch.
Chapitre 69
1.
Après cela, le nom du Fils de l’homme, vivant avec le Seigneur
des esprits, fut exalté par les habitants de la terre.
- Il fut
exalté dans leurs chars, et fut célébré au mileu
d’eux.
- Depuis ce
moment, je ne vais plus au mileu des enfants des
hommes, mais il me plaça entre deux esprits, entre le septentrion et
l’occident, où les anges avaient reçu des cordes pour mesurer le lieu
réservé aux justes et aux élus.
- Là je vis
les premiers pères, les saints qui habitaient dans ces beaux lieux pour
l’éternité.
Chapitre 70
1.
Après cela, mon esprit se cacha, s’envola dans les cieux.
J’aperçus les fils des saints anges marchant sur un feu ardent ; leurs
vêtements étaient blancs, et leurs visages transparents comme le cristal.
- Je vis
deux rivières d’un feu brillant comme l’hyacinthe.
- Alors je
me prosternai devant le Seigneur des esprits.
- Et
Michel, un des archanges, me prit par la main, me releva, et me conduisit
dans le sanctuaire mystérieux de la clémence et de la justice.
- Il me
montra toutes les choses cachées des limites du ciel, les réceptacles des
étoiles, des rayons lumineux, qui venaient éclairer les visages des
saints.
- Et il
cacha l’esprit d’Enoch dans le ciel des cieux.
- Là,
j’aperçus au milieu de la lumière, un édifice bâti avec des pierres de
cristal.
- Et au
milieu de ces pierres, des langues d’un feu vivant ; mon esprit vit un
cercle, qui entourait l’habitation enflammée des quatre côtés, et des
fleuves de feu qui l’environnaient.
- Les
séraphins, les chérubins et les ophanims se
tenaient debout tout autour. Ils ne dorment jamais ; mais ils gardent le
trône de gloire.
- Et je vis
des anges innombrables, des milliers de milliers, des myriades de
myriades, qui entouraient cette habitation.
- Michel,
Raphaël, Gabriel, Phanuel et les saints anges,
qui étaient dans les cieux supérieurs, y entraient et en sortaient.
Raphaël et Gabriel sortaient de cette habitation, et une foule innombrable
de saints anges.
- Avec eux
alors apparaissait l’Ancien des jours, dont la tête était blanche et pure
comme la laine, et dont le vêtement est impossible à décrire.
- Alors je
me prosternai, et toute ma chair fut saisie d’un tremblement convulsif, et
mon esprit défaillit.
- Et
j’élevai la voix, pour le bénir, le louer et le célébrer.
- Et les
louanges qui s’échappaient de ma bouche étaient agréables à l’Ancien des
jours.
- L’Ancien
des jours vint avec Michel et Gabriel, Raphaël et Phanuel,
avec des milliers de milliers, des myriades de myriades, qu’il n’était pas
possible de compter.
- Alors cet
ange s’approcha de moi et me salua en ces termes : <<Tu es le Fils
de l’homme, tu es né pour la justice, et la justice s’est reposée en toi.
- <<La
justice de l’Ancien des jours ne t’abandonnera pas.
- <<Il
l’a dit : Il fera descendre sur toi la paix, car la paix vient de
celui qui a créé le monde
- <<Et
elle reposera en toi à tout jamais.
- <<Tous
ceux qui seront, et qui marcheront dans les sentiers de la justice, te
feront cortège dans l’éternité.
- <<Et
leur demeure sera auprès de toi, leurs destinées seront confondues avec la
tienne, et elles n’en seront jamais séparées.
- <<Et
c’est ainsi qu’une longue suite de jours leur sera donnée avec le Fils de
l’homme.
- <<La
paix sera pour les justes, la voie de sagesse aux saints, au nom du
Seigneur des esprits, dans tous les siècles.
Chapitre 71
1.
Livre du cours des luminaires célestes, selon leurs ordres,
leurs époques, leurs noms et les lieux où ils commencent leur carrière, et
leurs différentes places, toutes choses qu’Uriel, le
saint ange qui était avec moi et qui les gouverne, m’expliqua tour à tour.
- Voici la
première loi des luminaires. Le soleil, flambeau du jour, sort des portes
du ciel, situées à l’orient, et se couche à l’opposé, par les portes du
ciel qui sont à l’occident.
- J’aperçus
six portes, par où le soleil commence sa carrière, et six portes par où il
la finit.
- Par ces
mêmes portes la lune sort et entre également, et je vis ces princes des
luminaires, avec les astres qui les précédent, les six portes de leur
lever, les six portes de leur coucher.
- Toutes
ces portes se trouvent l’une après l’autre dans le même alignement, et à
droite et à gauche se trouvent pratiquées des fenêtres.
- D’abord
on voit s’avancer le grand luminaire, qu’on appelle soleil, dont l’orbitre est comme l’orbitre
du ciel, et qui est tout resplendissant de feu et de flammes.
- Le vent
chasse le char sur lequel il est monté.
- Mais
bientôt il s’incline vers le nord pour s’avancer vers l’orient ; il
tourne en passant par cette porte, il éclaire cette partie du ciel.
- C’est
ainsi qu’il s’annonce dans sa carrière le premier mois.
- Il part
par la quatrième de ces portes qui est à l’orient.
- Et à
cette quatrième porte qu’il franchit le premier mois, il y a douze
fenêtres ouvertes d’où s’échappent des torrents de flammes, quand elles
s’ouvrent à l’époque qui leur est marquée.
- Lorsque
le soleil se lève dans le ciel, il passe par la quatrième porte pendant
trente jours, et par la quatrième porte du côté de l’occident il descend
en ligne droite.
- Après ce
temps, les jours grandissent, les nuits sont diminuées pendant trente
jours. Alors le jour est de deux parties plus long que la nuit.
- Le jour,
en effet, a dix parties, tandis que la nuit n’en a que huit.
- Cependant
le soleil passe par cette quatrième porte, et se couche en passant par la
porte correspondante, puis il se rapproche de la cinquième porte, qui est
à l’orient, pendant trente jours, et il se couche de même en passant par
la porte correspondante.
- Alors le
jour est encore augmenté d’une partie, en sorte que le jour a onze parties
; la nuit décroît et n’en a que sept.
- Alors le
soleil s’avance vers l’orient en passant la sixième porte, et il se lève
et se couche en passant par cette porte pendant trente jours.
- En ce
temps, le jour est deux fois plus long que la nuit, en contient douze
parties.
- Quant à
la nuit, elle diminue dans la même proportion et ne contient que six
parties. Enfin le soleil se décline, en sorte que le jour diminue pendant
que la nuit augmente.
- Car le
soleil revient vers l’orient, en passant par la sixième porte, par
laquelle il sort et il entre pendant trente jours.
- Après
cette période, le jour diminue d’un degré, il n’a donc plus que onze
parties, tandis que la nuit en a sept.
- Le soleil
quitte l’occident, en passant par la sixième porte, et s’avance vers
l’orient, se lève par la cinquième porte pendant trente jours, et se
couche également à l’occident en passant par la cinquième porte.
- A ce
moment le jour est diminué de deux douzièmes en sorte qu’il a dix parties,
tandis que la nuit en a huit.
- Or, le
soleil passe à l’orient comme à l’occident par la cinquième porte. Enfin
il se lève par la quatrième pendant trente et un jours, et se couche à
l’occident.
- À cette
époque le jour est égal à la nuit, en sorte que l’un et l’autre ont
également neuf parties.
- Alors le
soleil quitte cette porte, et s’avançant vers l’orient, passe par la
troisième porte aussi bien à son lever qu’à son coucher.
- À partir
de cette époque la nuit s’accroît pendant trente jours, en sorte que la
nuit comprend dix parties, tandis que le jour n’en comprend que huit.
- Alors le
soleil sort par la troisième porte et va se coucher pareillement par la
troisième porte à l’occident pendant trente jours.
- Puis il
passe la seconde aussi bien à l’orient qu’à l’occident.
- En ce
temps la nuit a onze parties et le jour sept seulement.
- C’est le
temps que le soleil passe par la seconde soit à son lever soit à son
coucher. Puis il décline et arrive à la première porte, qu’il franchit
pendant trente jours.
- Il se
couche également par la première porte.
- Alors la
nuit est double du jour.
- Ainsi
elle a douze portes, pendant que le jour n’en a que six.
- Et quand
le soleil est arrivé à ce point il recommence sa carrière.
- Il passe
par cette porte, pendant trente jours, et se couche dans la même porte à
l’occident.
- Dans ce
temps la nuit diminue d’une partie, elle n’en comprend que onze.
- Quant au
jour, il n’a que sept parties.
- Alors le
soleil passe par la seconde porte, à l’orient.
- Revient
par celle qu’il avait fuie d’abord pendant trente jours, se levant et se
couchant aux deux portes correspondantes.
- La nuit
diminue encore, elle n’a plus que dix parties, et le jour huit. Le soleil
passe par la seconde porte soit à son lever, soit à son coucher, puis il
s’avance vers l’orient, se lève par la troisième porte pendant trente
jours, et va se coucher à la porte correspondante de l’occident.
- La nuit
continue à décroître, elle ne contient plus que neuf parties, autant que
le jour, alors il y a égalité entre l’un et l’autre ; l’année est à son
trois cent soixante-quatrième jour.
- Ainsi
c’est la course même du soleil qui produit la longueur ou la brièveté des
jours et des nuits.
- C’est lui
qui fait que le jour s’accroît successivement, que la nuit diminue dans le
même rapport.
- Telle est
la loi du cours du soleil, il s’avance, il recule tour à tour. Telle est
la destinée de ce grand luminaire destiné à éclairer la terre.
- Ce
luminaire auquel Dieu dès le néant a donné le nom de soleil.
- Car ainsi
qu’il entre et qu’il sort, sans jamais avoir de relâche, fendant jour et
nuit en son char les plaines éthérées. Sa lumière éclaire sept parties de
la lune, mais leurs dimensions à toutes deux sont égales.
Chapitre 72
- Après
cette première loi, je vis celle qui regarde le luminaire inférieur, qui
s’appelle la lune, et dont l’orbitre est comme
l’orbitre du ciel.
- C’est
encore le vent qui pousse le char sur lequel elle est montée ; mais sa
lumière lui est dispensée avec mesure.
- Chaque
mois son coucher et son lever varient, et ses jours sont comme les jours
du soleil. Et quand sa lumière est pleine, elle contient sept parties du
soleil.
- Elle se
lève, et prend sa course vers l’orient pendant trente jours.
- En ce
temps, elle apparaît, et constitue pour vous le commencement du mois.
Pendant trente jours elle passe par la porte que franchit le soleil.
- Alors elle
est presque invisible, en sorte qu’il ne paraît en elle aucune lumière,
excepté la septième partie de sa lumière totale, chaque jour elle
s’accroît d’une portion, mais se levant et se couchant toujours avec le
soleil.
- Quand le
soleil se lève, la lune se lève avec lui, et en reçoit une faible portion
de lumière.
- Dans
cette nuit, le premier jour avant le jour de la lune, la lune se couche
avec le soleil.
- Et
pendant cette nuit, la lune est obscure, mais elle se lève avec la
septième partie de sa lumière, en s’écartant du lever du soleil.
- Mais peu
à peu elle s’éclaire jusqu’à ce que sa lumière soit complète.
Chapitre 73
1.
Alors je vis une autre loi, qui consiste dans la détermination
des mois lunaires : Uriel mon saint ange et mon
conducteur ne me laissa rien ignorer.
- J’ai donc
tout écrit, dans la manière qu’il me l’a révélé.
- J’ai noté
les mois, dans l’ordre qu’ils arrivent, l’apparition et les phases de la
lune pendant quinze jours.
- J’ai
écrit à quelle époque la lune perd complètement sa lumière, et à quelle
époque elle jouit de tout son éclat.
- En
certains mois la lune s’avance seule, et pendant deux autres mois elle se
couche avec le soleil par les deux portes qui se trouvent au milieu,
c’est-à-dire, par la troisième et la quatrième. Elle sort pendant sept
jours, et accomplit sa course.
- Puis elle
se rapproche de la porte qu’a franchie le soleil, et pendant huit jours
elle passe par la seconde porte, ainsi que le soleil.
- Et
lorsque le soleil sort par la quatrième porte, la lune en sort pendant
sept jours, jusqu’à ce que le soleil passe par la cinquième porte.
- Pendant
sept jours encore, elle décline vers la quatrième porte ; elle est alors
dans tout son éclat ; mais elle diminue bientôt et s’avance par la
première porte pendant huit jours.
- Puis elle
se dirige de nouveau vers la quatrième porte, d’où le soleil se lève.
- Je vis
donc leur position, ainsi que le lever et le coucher du soleil, suivant
l’ordre de ses mois.
1.
Et dans ces jours à chaque cinq années on ajoutera trente
jours, parce qu’ils sont en plus dans l’année solaire. Et tous les jours qui
appartiendront à une de ces cinq années seront au nombre de trois cent
soixante-quatre. Il y aura en plus six jours pour chacune d’elles, de manière à
former un mois supplémentaire de trente jours.
- Le mois
lunaire est plus court que le mois solaire et sidéral.
- Du reste,
c’est elle qui règle les années, de la manière qu’elles ne varient pas
d’un seul jour et se composent invariablement de trois cent soixante-quatre
jours. En trois ans, il y a mille quatre-vingt-douze jours ; en cinq
années, dix-huit cent vingt ; en huit années, deux mille neuf cent-douze jours.
- Quant aux
années lunaires, trois années comprennent mille soixante-deux jours ; cinq
années, moins longues que celles du soleil de cinquante jours,
n’embrassent que mille sept cent soixante-dix jours, et huit années
lunaires comprennent deux mille huit cent trente-deux jours.
- Aussi
huit années lunaires sont-elles plus courtes que huit années solaires de
quatre-vingts jours.
- L’année
se forme donc par la course du soleil ou de la lune ; elle est donc,
suivant qu’on se rapporte à l’un ou à l’autre de ces astres, ou plus
longue ou plus courte.
Chapitre 74
1.
Voici maintenant les chefs et les princes qui président à toute
la création, à toutes les étoiles, ainsi qu’aux quatre jours intercalaires
ajoutés pour compléter l’année.
- Ils ont
besoin de ces quatre jours, qui ne font point partie de l’année.
- Les
hommes se trompent respectivement au sujet de ces jours ; car il faut se
rapporter à ces luminaires pour s’en rendre compte, puisque l’un est
intercalé à la première porte, le second à la troisième, un autre à la
quatrième, et le dernier à la sixième.
- C’est
ainsi que se trouve complété le nombre de trois cent soixante-quatre
positions, qui forment autant de jours. Voilà les signes :
- Les
saisons.
- Les
années.
- Et les
jours tels qu’Uriel me les fit connaître. Uriel est l’ange que le Seigneur de gloire a préposé à
toutes les étoiles.
- Qui
brillent dans le ciel et éclairent la terre. Ce sont :
- Les
dispensateurs des jours et des nuits, savoir : le soleil, la lune,
les astres de toute la milice céleste qui, avec tous les autres chars,
parcourent le ciel en tous sens.
- Ainsi Uriel me fit voir douze portes qui s’ouvrent pour le
char du soleil, d’où jaillissent des infinités de rayons.
- C’est par
eux que l’été se forme en la terre quand ces portes s’ouvrent aux époques
fixées ; d’elles aussi s’échappent les vents et les esprits de la rosée,
quand les fenêtres aux extrémités du ciel s’ouvrent aux époques fixées par
la volonté divine.
- Je vis
douze portes dans le ciel aux extrémités de la terre, desquelles sortent
le soleil et la lune et les étoiles et tous les ouvrages du ciel au levant
et au couchant.
- Bien
d’autres fenêtres s’ouvrent encore à droite et à gauche.
- L’une de
ces fenêtres augmente la chaleur de l’été, aussi bien que les portes d’où
sortent et où rentrent sans cesse les étoiles dans un cercle sans fin.
- Et je vis
dans le ciel le char de ces étoiles qui tournait sur le monde sans jamais
décliner. Une d’entre elles est plus brillante que les autres ; celle-ci
fait le tour du monde entier.
Chapitre 75
1.
Et vers les frontières de la terre, je vis douze portes pour
tous les vents, qui s’en échappent de temps en temps pour se répandre sur la
terre.
- Trois de
ces portes s’ouvrent dans la partie opposée du ciel, trois autres à
l’occident, trois à droite et trois à gauche. Les trois premières regardent
l’orient ; les trois dernières le nord. Celles qui sont placées à droite
et à gauche regardent respectivement le midi et l’occident.
- Par
quatre portes sortent des vents de bénédiction et de salut, et par les
huit autres des vents de désolation. Quand ils en ont mission, ils
corrompent la terre et ses habitants, l’eau et tout ce qui vit dedans.
- Le prince
des vents sort par la porte placée à l’orient et par la première porte à
l’orient qui s’incline vers le midi. Ce vent apporte la destruction, l’aridité,
la chaleur suffocante et la corruption.
- De la
seconde porte, qui est au milieu, sortent l’égalité ou la juste mesure de
toutes choses, la pluie, la fertilité, la salubrité et la force ; de la
dernière porte, tournée vers le nord, proviennent le froid et l’aridité.
- Après ces
vents viennent les vents du Notus, qui soufflent
par trois portes principales ; par la première, tournée vers l’orient,
s’échappe le vent chaud.
- Mais par
la porte du milieu s’exhale une odeur agréable, la rosée, la pluie, le
salut et la vie.
- De la
troisième porte, vers l’occident, proviennent la rosée, la pluie, la
nielle et la perdition.
- Les
Aquilons soufflent par trois portes. De la septième, placée près de celle
qui regarde le midi, sortent la rosée, la pluie, la nielle et la
perdition. De celle du milieu viennent la pluie, la rosée, la vie et le
salut. De la troisième porte, tournée à l’occident, mais se rapprochant du
nord, viennent les nuées, les glaces, la neige, la pluie et la rosée.
- Viennent
ensuite, dans la quatrième région, les vents occidentaux. De la première
porte sortent la rosée, la pluie, la glace, le froid, la neige et la gelée
; de la porte du milieu, la pluie, la rosée, le calme et l’abondance.
- De la
dernière, du côté du midi, l’aridité, la destruction, la sécheresse et la
mort.
- Ainsi se
termine la description des douzes portes placées
aux quatre coins du ciel.
- Toutes
leurs lois, toutes leurs influences bonnes ou mauvaises, je te les ai
expliquées, ô mon fils Mathusala !
Chapitre 76
- Le
premier vent s’appelle oriental, parce qu’il est le premier.
- Le
second, se nomme vent du midi, parce que c’est à ce moment que descend
l’éternel, le Béni à jamais.
- Le vent
d’occident, s’appelle encore vent de la diminution parce que c’est de son
côté que tous les luminaires célestes s’affaiblissent et descendent.
- Le
quatrième vent, le vent du septentrion, se subdivise en trois parties ;
l’une est consacrée à l’habitation des hommes, l’autre est occupée par des
lacs, des vallées, des forêts, des rivières, des lieux couverts de
ténèbres ou de neige ; la troisième enfin, est le paradis.
- Je vis
sept montagnes plus hautes que toutes les montagnes de la terre, d’où
sortent les frimas, les jours, les saisons, et les années y vont et s’y
évanouissent.
- Je vis
sept fleuves sur la terre, plus grands que tous les autres fleuves ; l’un
coule de l’occident à l’orient, et va se jeter dans la grande mer.
- Deux
autres coulent du nord à la mer, et vont se jeter dans la mer Erythrée, vers l’orient. Quant aux quatre autres, deux
coulent du nord vers la mer Erythrée, les deux
derniers vont se jeter dans la grande mer, là où se trouve un immense
désert.
- Je vis
sept grandes îles sur cette mer, deux proches de la terre, cinq dans la
grande mer.
Chapitre 77
1.
Les noms du soleil sont : Oz-iâres
et Tomâs.
- La lune a
quatre noms : le premier est Asonia, le
second Ebla ; le troisième Benaces, et le
quatrième Erae.
- Tels sont
ces deux grands luminaires, dont les orbites sont comme les orbitres du ciel, et dont les dimensions sont égales.
- Dans l’orbitre du soleil, il y a sept parties de lumière, qui
sont réfléchies par la lune. Ces sept parties vont frapper la lune jusqu’à
la dernière. Ils sortent par la porte de l’occident, après avoir éclairé
le septentrion, et reviennent dans le ciel par la porte de l’orient.
- Lorsque
la lune se lève, elle apparaît dans le ciel ; et elle est éclairée par la
moitié de la septième partie de la lune.
- Cette
lumière se complète au bout de quatorze jours.
- Bientôt
se complétèrent trois fois cinq parties de lumière, en sorte qu’après
quinze jours, elle soit arrivée à sa parfaite croissance.
- La lune
alors réfléchit toute la lumière qu’elle reçoit du soleil.
- Elle
décroît ensuite, et elle suit dans sa décroissance la même marche qu’elle
avait mise dans sa croissance.
- En
certains mois, la lune a vingt-neuf jours.
- Il y a
d’autres mois où elle n’a que vingt-huit jours.
- Uriel me
révéla encore une autre loi. C’est la manière dont la lumière émanant du
soleil vient se répandre sur la lune.
- Pendant
tout le temps que la lune progresse dans sa lumière, elle s’avance devant
le soleil, jusqu’à ce qu’au bout de quatorze jours sa lumière devienne
pleine dans le ciel.
- Mais
quand elle décroît, ou que cette lumière est absorbée peu à peu dans le
ciel, le premier jour s’appelle nouvelle lune, parce que c’est dans ce
jour qu’elle recommence à recevoir la lumière du soleil.
- Elle se
trouve complète, le jour où le soleil descend à l’occident, pendant que la
lune monte à l’orient.
- Alors la
lune brille pendant toute la nuit jusqu’à ce que le soleil se lève avant
elle ; alors la lune s’évanouit devant le soleil.
- Quand la
lumière s’approche de la lune, elle décroît encore, jusqu’à ce qu’elle
soit complètement éclipsée ; alors son temps est terminé.
- Alors son
orbitre vide est sans aucun éclat.
- Pendant
trois mois elle accomplit sa période en trente jours, et pendant trois
autres mois, elle l’accomplit en vingt-neuf jours.
- Et
pendant trois mois elle a une période de trente jours, et pendant trois
mois, une période de vingt-neuf jours.
- La nuit,
elle apparaît pendant vingt jours comme une figure d’homme, et dans le
jour, elle se confond avec le ciel.
Chapitre 78
1.
Et maintenant, mon fils Mathusala, je
t’ai tout fait connaître ; et la description du ciel est terminée.
- Je t’ai
fait voir le cours de tous les globes lumineux qui président aux saisons,
aux différents temps de l’année, et leurs diverses influences, produisant
les mois, les semaines et les jours. Je t’ai également fait voir les
décroissements de la lune, qui ont lieu à la sixième porte, car c’est à
cette porte que la lune perd sa lumière.
- C’est par
là que commence la lune ; c’est aussi là qu’elle finit à époque certaine,
lorsqu’elle a parcouru cent soixante-dix-sept jours, c’est-à-dire vint-cinq semaines et deux jours.
- Sa
période est plus petite que celle du soleil ; elle a cinq jours de moins
par semestre.
- Quand
elle se trouve dans son plein, elle présente la face d’un homme. C’est
ainsi que me l’a fait connaître Uriel, le grand
ange qui la régit.
Chapitre 79
1.
Dans ces jours-là, Uriel me
dit : Voici, je t’ai fait tout connaître, ô Enoch.
- Je t’ai
tout révélé. Tu vois le soleil, la lune et les anges qui dirigent les
étoiles du ciel, qui président à leurs mouvements, à leurs phases, à leurs
conversions.
- Les jours
des pécheurs ne seront point complets.
- Leurs
semences manqueront dans les champs et dans les campagnes ; les travaux de
terre seront bouleversés, rien ne viendra pour eux en son temps. La pluie
restera dans les airs, et le ciel sera d’airain.
- En ce
temps-là les produits de la terre seront tardifs ; ils ne fleuriront point
en leur temps, et les arbres retiendront leurs fruits.
- La lune
changera son cours, elle n’apparaîtra point en son temps ; le ciel brûlant
et sans nuages sera visible, et la stérilité s’étendra sur la face de la
terre. Des météores sillonneront le ciel ; car beaucoup d’étoiles, se
détournant de leur course accoutumée, erreront dans l’espace.
- Et les
anges qui les régissent ne seront point là pour les faire rentrer dans
leur route ; et toutes les étoiles se soulèveront contre les pécheurs.
- Les
habitants de la terre seront confondus dans leurs pensées ; ils
pervertiront toutes les voies.
- Ils
transgresseront les commandements du Seigneur et se croiront des dieux ;
cependant le mal ne fera que se multiplier au milieu d’eux.
- Mais le
châtiment céleste ne se fera pas attendre : ils périront tous.
Chapitre 80
- Et il me
dit : << O Enoch, regarde ce livre
qui est descendu des cieux ; lis ce qui y est contenu, et cherche à
comprendre tout ce qu’il contient. >>
- Alors
j’aperçus tout ce qui venait du ciel. et je compris tout ce qui était
écrit dans le livre. En le lisant, je connus toutes les oeuvres des hommes
;
- Toutes
les oeuvres des enfants de la chair, depuis le commencement jusqu’à la
fin.
- Et je
louai le Seigneur, le Roi de gloire, l’Ouvrier
de toutes ces merveilles.
- Et je le
célébrai à cause de sa longanimité, à cause de sa miséricorde envers les
enfants du monde.
- Et je
m’écriai : Bienheureux est l’homme qui meurt dans la justice et le
bien, et auquel on ne peut opposer aucun livre de crimes ; qui n’a point
connu l’iniquité.
- Alors les
trois saints me saisirent, et, me transportant sur la terre, me déposèrent
devant la porte de ma maison.
- Et ils me
dirent : Explique toutes ces choses à ton fils Mathusala
; annonce à tous tes enfants que nulle chair ne sera justifiée devant le
Seigneur, car il est le Créateur.
- Pendant
une année entière nous le laisserons avec tes enfants, jusqu’à ce que tu
recouvres ta force première et que tu sois en état d’instruire ta famille,
d’écrire toutes les choses que tu as vues, et de les expliquer à tes
enfants. Mais, au milieu de l’année prochaine, on t’enlèvera du milieu des
tiens ; et ton coeur retrouvera sa première force ; car l’élu découvrira à
l’élu les secrets de la justice, le juste se réjouira avec le juste ; ils
confesseront Dieu ensemble. Quant aux pécheurs, ils périront avec les
pécheurs ;
- Et les
pervers avec les pervers.
- Ceux-là
mêmes qui auront vécu dans la justice mourront à cause des méfaits des
hommes, et ils expireront à cause des actions des méchants.
- Dans ces
jours, ils cesseront de me parler.
- Et je
revins à mes frères, en louant et en bénissant le Seigneur.
Chapitre 81
1.
Or, mon fils Mathusala, je t’ai tout
dit, tout écrit ; je t’ai tout révélé, et je t’ai donné un traité sur chaque
chose.
- Conserve,
mon fils, les livres écrits de la main de ton père, et transmets-les aux
générations futures.
- Je t’ai
donné la sagesse, à toi, à tes enfants et à ta postérité, afin qu’ils la
transmettent, cette sagesse supérieure à toutes leurs pensées, à leur
postérité. Et ceux qui la comprendront ne dormiront point ; mais ils
ouvriront leurs oreilles pour la recevoir, afin de se rendre dignes de
cette sagesse, qui sera pour eux comme une nourriture céleste.
- Bienheureux
les justes, bienheureux ceux qui marchent dans la justice, qui ne
connaissent point l’iniquité, et qui ne ressemblent point aux pécheurs
dont les jours sont comptés.
- Quant à
la marche du soleil dans le ciel, il entre et il sort par les différentes
portes pendant trente jours, avec les chefs des mille espèces d’étoiles,
avec les quatre qui leur sont ajoutés et qui sont relatifs aux quatre
jours supplémentaires.
- Les
hommes sont dans de grandes erreurs au sujet de ces jours ; ils n’en font
point mention dans leurs calculs. Mais ces jours supplémentaires
existent : un à la première porte, un second à la troisième, un
troisième à la quatrième, un dernier à la sixième porte.
- L’année
est ainsi composée de trois cent soixante-quatre jours.
- Ainsi le
calcul est exact. Car ces luminaires, ces mois, ces périodes, ces années
et ces jours, Uriel me les a révélés et
expliqués, lui qui, de par Dieu, a puissance sur tous ces astres, et qui
règle leurs influences.
- Voilà
l’ordre des astres, chacun suivant l’endroit du ciel où il se lève et se
couche, suivant les saisons, les temps, les périodes, les jours et les
mois.
- Voici les
noms de ceux qui les dirigent, qui veillent sur leurs voies, sur leurs
périodes, sur leurs influences.
- Quatre
d’entre eux ouvrent la marche ; ils partagent l’année en quatre parties.
Douze autres viennent ensuite, qui forment les douzes
mois de l’année, divisés en trois cent soixante-quatre jours, avec les
chefs des mille qui distinguent les jours, les jours ordinaires comme les
jours supplémentaires ; qui, comme les premiers chefs, partagent l’année
en quatre parties.
- Les chefs
des mille sont placés au milieu des autres, et chacun d’eux est à sa
place. Or, voici les noms de ceux qui président aux quatre parties de
l’année, savoir : Melkel, Helammelak ;
- Meleyal et Narel.
- Quant aux
noms des autres, ce sont : Adnarel, Jyasural et Jeyeluineal.
- Ces trois
derniers marchent après les chefs de la classe des étoiles ; chacun marche
régulièrement après ceux qui partagent l’année en quatre parties.
- Dans la
première partie de l’année apparaît Melkel,
qu’on nomme encore Tamaâ et Zahaïa.
- Les jours
soumis à son influence sont au nombre de quatre-ving-onze.
- Et voici
ce que l’on voit sur la terre pendant ces jours : sueur, chaleur et
travail. Tous les arbres deviennent fertiles, les feuilles poussent, la
moisson réjouit le laboureur, la rose et toutes les fleurs embellissent la
campagne, et les arbres morts dans l’hiver se dessèchent.
- Voici
ceux qui commandent en second : Barkel, Zehabel et Heloyalel, auquel
s’adjoint encore Helammelak, appelé aussi
Soleil, ou très-brillant.
- Les jours
soumis à leur influence sont au nombre de quatre-vingt-onze.
- Voici ce
qui se passe sur la terre pendant ce temps : chaleur et sécheresse ;
les arbres donnent leurs fruits, et les fruits sont excellents à sécher.
- Les
troupeaux vont à leurs pâturages, et les brebis mettent bas. On ramasse
tous les biens de la terre ; on amoncelle les grains dans les greniers, et
on porte le raisin dans les pressoirs.
- Les noms
des autres sont Gédael, Keel,
Héel ;
- Auxquels
il faut ajouter Asphael.
- Et les
jours de son autorité sont expirés et finis.
Chapitre 81
1.
Et maintenant, mon fils Mathusala, je
t’ai fait part de toutes les visions que j’ai vues avant toi. J’en eus encore
deux autres avant de me marier, et l’une d’elles ne ressemblait pas à l’autre.
- La
première m’apparut pendant que j’étais occupé à lire ; et la seconde
quelque temps avant d’épouser ta mère. C’était deux importantes visions.
- Au sujet
desquelles j’intérrogeai le Seigneur.
- Je
reposais dans ma maison de mon aïeul Malaleel,
et je vis le ciel brillant et radieux.
- Et je me
prosternai, et je vis la terre dévorée par un grand gouffre, et des
montagnes suspendues au-dessus des montagnes.
- Des
collines tombaient sur les collines, les arbres les plus hauts se
fendaient dans toute leur hauteur, et ils étaient précipités dans l’abîme
et descendaient au fond.
- A la vue
de ce chaos, ma voix balbutiait. Je m’écriai : C’en est fait de la
terre. Alors mon aïeul Malaleel me releva, et me
dit : Pourquoi t’écries-tu, mon fils, pourquoi te lamentes-tu ?
- Je lui
racontai la vision que j’avais eue, et il me dit : Ce que tu as vu
est grave, mon fils.
- Et la
vision que tu as eue est frappante ; elle se rapporte évidemment aux
péchés de la terre, que l’abîme doit dévorer. Oui, il arrivera une grande
catastrophe.
- C’est
pourquoi, ô mon fils, lève-toi et implore le Dieu de gloire, car tu es
fidèle, et pour qu’il laisse quelques personnes sur la terre, et que les
hommes ne périssent pas tous. Mon fils, la catastrophe viendra du ciel sur
la terre ; et ce sera une grande ruine.
- Alors je
me levai et je suppliai le Seigneur ; j’écrivis mes prières pour les
générations du monde, donnant à mon fils Mathusala
toutes les explications qu’il pouvait désirer.
- Et quand
je fus sorti, et que j’eus vu le soleil se levant à l’orient, la lune
descendant à l’occident, toutes les étoiles que Dieu a créées s’avançant
majestueusement dans le ciel, alors je célébrai le Seigneur de toute
justice, j’exaltai son saint nom, parce qu’il avait fait surgir le soleil
aux fenêtres de l’orient ; il monte et s’élève à la face du ciel et il
parcourt sa brillante carrière.
Chapitre 83
1.
Et j’élevai les mains au ciel et je louai le saint et le
Très-Haut. Et j’ouvris la bouche, et me servant de la langue que Dieu a donnée
à tous les enfants des hommes, pour servir d’instrument à leurs pensées, je le
célébrai en ces termes :
- Tu es
béni, Seigneur, roi puissant et sublime, seigneur de toutes les créatures
du ciel, Roi des rois, Dieu de tout l’univers, dont le règne, la
domination et la majesté n’auront jamais de fin.
- De siècle
en siècle ton règne subsistera. Les cieux constituent ton trône à jamais,
et la terre est ton marchepied d’éternité en éternité.
- Car c’est
toi qui les as faites, c’est toi qui les gouvernes. Rien ne peut se
soustraire à ta puissance infinie. Avec toi la sagesse est immuable :
elle veille sans cesse auprès de ton trône. Tu connais, tu vois, tu
entends tout, rien ne peut se soustraire à ton puissant regard, car ton
oeil est partout !
- Voici les
anges qui ont transgressé tes commandements ; et ta colère plane sur la
chair de l’homme, jusqu’au grand jour du jugement.
- Or,
Seigneur, mon Dieu, roi puissant et clément, je t’implore, je te supplie ;
exauce mes prières ; que ma postérité se perpétue sur la terre, que le
genre humain ne périsse pas tout entier !
- N’abandonne
point la terre désolée, et qu’elle ne soit point détruite à jamais !
- O
Seigneur, extermine de la face de la terre la chair qui t’a offensé. Mais
conserve la race des justes pour la perpétuer à jamais. O Seigneur ne
détourne point ta face de ton serviteur.
Chapitre 84
1.
Ensuite j’eus une autre vision, que je vais encore t’expliquer,
ô mon fils. Et Enoch se leva et dit à son fils Mathusala : Laisse-moi t’entretenir, ô mon fils.
Écoute la parole de ma bouche, et prête l’oreille à la vision et au songe de
ton père. Avant d’épouser ta mère, j’eus une vision dans mon lit.
- Voici un
taureau sortant de la terre.
- Et ce
taureau était blanc.
- Ensuite
sortit une génisse, et avec elle deux jeunes veaux, dont l’un était noir
et l’autre rouge.
- Le noir
frappa le rouge et le poursuivait par toute la terre.
- Dès ce
moment je m’aperçus plus le veau rouge ; mais le noir survint à une
extrême vieillesse, et il y avait avec lui une génisse.
- Ensuite
je vis beaucoup de taureaux nés de ce couple, qui leur ressemblaient et
qui les suivaient.
- Et la
première génisse sortit de la présence du premier taureau ; et elle
chercha le veau rouge, mais elle ne le trouva point.
- Et elle
poussait des gémissements lamentables, en le cherchant.
- Et elle
continua ses cris jusqu’à ce que le taureau s’approcha
d’elle ; dès ce moment elle cessa de se plaindre et de gémir.
- Et puis
elle mit au monde un taureau blanc.
- Et après
celui-ci beaucoup d’autres taureaux et d’autres génisses.
- Je vis
encore dans mon songe un boeuf blanc, qui grandit de la même manière, et
finit par devenir un grand boeuf blanc.
- Et de lui
sortirent beaucoup d’autres boeufs qui lui étaient semblables.
- Et ils
commencèrent à produire d’autres boeufs blancs, qui leur étaient semblables,
et ils se succédaient les uns aux autres.
Chapitre 85
1.
Je levai encore les yeux, et je vis le ciel au-dessus de ma
tête.
- Et voici
qu’une étoile tomba du ciel.
- Et elle
se dressait au milieu de ces taureaux et paraissait paître avec eux.
- Ensuite
je vis d’autres taureaux grands et noirs ; et voici qu’ils changeaient
sans cesse de pâturages et d’étables, lorsque leurs jeunes veaux
commencèrent à se lamenter avec eux ; et en regardant encore au ciel, je
voyais beaucoup d’autres astres qui redescendaient et se précipitaient
vers cette étoile unique.
- Au milieu
des jeunes veaux, les taureaux étaient avec eux et paissaient avec eux.
- Je
regardai et j’admirai ces choses, et voici que les taureaux commencèrent à
entrer en feu et à monter sur les génisses ; celles-ci ayant conçu, mirent
au monde des éléphants, des chameaux et des ânes.
- Et les
taureaux étaient épouvantés de cette génération monstreuse,
et aussitôt ils se mirent à les mordre et à les frapper de leurs cornes.
- Et les
éléphants dévorèrent les taureaux, et voici que tous les enfants de la
terre frémissaient à ce spectacle et fuyaient épouvantés.
Chapitre 86
1.
Je les regardai encore, et je les vis se frapper les uns les
autres, se dévorer, et j’entendis la terre qui en gémissait. Alors je tournai
une seconde fois mes regards vers le ciel, et dans une seconde vision, je vis
sortir des hommes semblables à des hommes blancs. Il y en avait un, et trois
autres qui l’accompagnaient.
- Ces trois
hommes qui sortirent les derniers, me prirent par la main, et m’élevant
au-dessus de la terre et de ses habitants, me conduisirent dans un lieu
élevé.
- Et de là
ils me montrèrent une haute tour environnée de collines plus basses ; et
ils me dirent : Reste ici, jusqu’à ce que tu voies ce qui doit
arriver par ces éléphants, ces chameaux et ces ânes, ces astres et toutes
ces génisses.
Chapitre 87
1.
Alors j’aperçus celui de ces quatres
hommes blancs qui était sorti le premier.
- Et il
saisit la première étoile qui était tombée du ciel.
- Et il lui
lia les pieds et les mains, et la jeta dans une vallée, vallée étroite,
profonde, horrible et ténébreuse.
- Alors un
des quatres tira un glaive et le donna aux
éléphants, aux chameaux et aux ânes, qui commencèrent à s’en frapper
mutuellement ; et toute la terre en frémit.
- Et dans
ma vision, voici : je vis un des quatre hommes qui étaient descendus
du ciel, qui rassembla et saisit toutes les grandes étoiles, dont les
parties sexuelles étaient semblables aux parties sexuelles des chevaux, et
il les jeta toutes, pieds et mains liés, dans les cavernes de la terre.
Chapitre 88
1.
Alors un des quatres hommes
s’approcha des autres taureaux, et leur enseigna des mystères tels, qu’ils en
tremblaient. Et un homme naquit, et il bâtit un grand navire. Il habitait dans
ce navire, et avec lui trois taureaux et une couverture se fit au-dessus d’eux.
- Je levai
de nouveau mes regards au ciel, et j’aperçus une grande voûte ; et il y
avait au-dessus sept cataractes qui versaient des torrents de pluie dans
un village.
- Je
regardai encore, et voici que les fontaines de la terre se répandaient sur
la terre dans ce village.
- Et l’eau
commença à tourbillonner et à monter sur la terre, en sorte que je ne
pouvais plus apercevoir ce village, parce qu’il était tout couvert d’eau.
- Il y
avait en effet beaucoup d’eau, de ténèbres et de nuages ; et voici que la
hauteur de l’eau surpassait la hauteur de tous les villages.
- L’eau les
couvrait en entier, et enveloppait la terre.
- Et tous
les taureaux qui y étaient réunis furent submergés et périrent dans les
eaux.
- Mais le
navire flottait sur la surface de ces mêmes eaux. Cependant tous les
taureaux, les éléphants, les chameaux et les ânes, et les troupeaux
périssaient dans cette immense inondation ; ils disparaissaient engloutis,
et je ne pouvais plus les voir dans l’abîme d’où ils ne pouvaient plus se
retirer.
- Je
regardai encore, et voici les cataractes qui cessèrent de tomber d’en
haut, et les fontaines de la terre de couler, et les abîmes s’entrouvrirent.
- Et les
eaux s’y précipitèrent, et la terre apparut.
- Et le
navire s’arrêta sur la terre, les ténèbres se dissipèrent et la lumière
apparut.
- Alors, le
boeuf blanc, qui avait été fait homme, sortit de l’arche, et avec lui
trois taureaux.
- Et un des
trois taureaux était blanc, et semblable à ce boeuf ; un autre était rouge
comme du sang, et le troisième était noir ; et le taureau blanc se retira
des autres.
- Et les
bêtes des champs, et les oiseaux commencèrent de se multiplier.
- Et les
différentes espèces de ces animaux se rassemblèrent, les lions, les
tigres, les loups, les chiens, les sangliers, les renards, les chameaux et
les porcs.
- Les sirets, les milans, les vautours, les congas et les
corbeaux.
- Et parmi eux
naquit un boeuf blanc.
- Et ils
commencèrent à se mordre les uns les autres ; et le boeuf blanc, qui était
né parmi eux, engendra un onagre et un boeuf blanc, et ensuite plusieurs
onagres. Et le boeuf blanc qui fut aussi engendré par lui, engendra à son
tour un sanglier noir et une brebis blanche.
- Le
sanglier engendra beaucoup d’autres sangliers.
- Et la
brebis engendra douze autres brebis.
- Quand ces
douzes brebis furent grandes, elles en vendirent
une d’entre elles à des ânes.
- Et les
ânes vendirent la brebis à des loups.
- Et elle
grandissait parmi eux.
- Alors le
Seigneur amena les autres brebis pour habiter avec la première et paître
avec elle au milieu des loups.
- Et elles
se multiplièrent, et leurs pâturages étaient en abondance.
- Mais les
loups commencèrent à les épouvanter et à les persécuter, et ils
exterminaient leurs petits.
- Et ils
les placèrent dans les profondeur d’un grand
fleuve.
- Alors les
brebis commencèrent à se lamenter à cause de la perte de leurs petits, et
à se tourner vers leur Seigneur ; une d’elles cependant parvint à
s’échapper et se retira parmi les onagres.
- Et je vis
les brebis gémissant, priant et implorant le Seigneur.
- De toutes
leurs forces, jusqu’à ce que le Seigneur descendît à leurs cris du haut de
son séjour céleste et daignât les visiter.
- Et il
appela la brebis, qui avait échappé à la dent des loups, et lui enjoignit
d’aller trouver ces loups meutriers, et de les
avertir de ne plus offenser les brebis.
- Alors la
brebis alla trouver les loups, forte de la parole du Seigneur, et une
autre brebis vint au-devant de la première et marcha avec elle.
- Et toutes
deux étant entrées dans la demeure des loups leur défendirent de
persécuter encore les brebis.
- Ensuite
je vis les loups opprimant de plus en plus le troupeau de brebis. Et les
brebis crièrent encore vers le Seigneur, et le Seigneur descendit au
milieu d’elles.
- Et il
commença à exterminer les loups, qui hurlaient ; mais les brerbis gardaient le silence et ne poussaient plus de
cris.
- Et voici
que je vis qu’elles émigrèrent du pays des loups. Les yeux de ces loups
étaient aveuglés, et ils sortirent et ils poursuivirent les brebis de
toutes leurs forces. Mais le Seigneur des brebis marchait avec elles et
les conduisait.